Comment ça non cycliste ? Mais ils n’étaient pas censés faire un tour du monde à vélo ces 2 là ? Déjà qu’on attend depuis des lustres qu’ils nous parlent de l’Amérique du Sud ! C’est à donner envie de se désinscrire de la newsletter ! Du calme, chers lecteurs. Contrôlez vous, faîtes du yoga, mais calmez vous, vous allez avoir l’explication du mot « non » devant le mot « cycliste » en lisant les lignes ci-dessous. Avant de lancer les hostilités, sachez que PE a fourni une prestation de haut vol sur France Inter. Pour écouter cet instant unique, c’est ici. Et comme d’habitude, pour vous rincer l’œil avec nos magnifiques photos, c’est ici.
Nous vous avions laissé au moment de quitter Casablanca. Mais avant de nous lancer à la conquête de l’ancien empire Inca, il nous restait une tâche à
accomplir : réussir à prendre l’avion avec nos vélos et notre lourd chargement. Nous avons gentiment été emmenés à l’aéroport par Asma, notre charmante hôte sur Casa (et accessoirement notre
maman marocaine tellement elle a pris soin de nous pendant notre séjour chez elle) dont la présence s’est avérée déterminante pour l’embarquement des bécanes et l’allègement de la facture due à
notre excédent de bagages. Après moult négociations et rebondissements, nous avons réussi à monter dans l’avion pour Barcelone et récupérer nos affaires en état une fois sur place. Notre vol pour
Lima n’étant prévu que pour le lendemain, nous avons connu les joies d’une nuit dans le hall de l’aéroport. Pas très propice au sommeil, mais rigolo. Après avoir procédé, cette fois sans aucun
problème, à l’enregistrement de nos affaires, nous avons pris place dans l’avion pour Madrid pour une correspondance rapide, puis enfin pour Lima. 14 heures de vol, 14 heures pour rêver à ce que
nous allons vivre au Pérou et plus largement en Amérique du Sud.
Après le rêve, la réalité : pas de vélos à l’arrivée puisque ceux-ci avaient visiblement décidé de prolonger leur escale à Madrid. C’est donc sans nos bécanes, mais heureusement avec nos bagages, que nous avons été accueillis par Sarah et son mari, nos hôtes sur Lima, ou plus exactement à San Martin de Porres, un district de la capitale péruvienne. Nous avons pu faire la connaissance de leurs enfants, Cynthia (25 ans) et Jhonathan (20 ans) parlant respectivement l’anglais et le français, ce qui facilite la communication, notre espagnol étant en voie de progression. Situé au dessus de l’épicerie tenue par Sarah, cet appartement allait être notre lieu de vie pendant notre séjour à Lima.
Les approximations d’Iberia laissant planer de gros doutes sur la date de récupération des vélos, nous avons décidé de laisser passer une journée avant de passer à
la phase de harcèlement, et de visiter cette immense ville qu’est Lima, avec un guide de choix en la personne de Cynthia, sans qui nous n’aurions jamais pu nous retrouver dans la jungle des bus
locaux. Des antiquités sur 4 roues, blindés de passagers, mais dans lesquels en montent sans cesse de nouveaux. C’est à se demander comment ils casent tout ce monde. Bien-sûr, pas de numéros
de bus, ni de lignes, encore moins de terminus, et puis quoi encore ? Pourquoi pas des noms d’arrêts tant qu’on y est ?! Bref, il est impératif de connaître. Le premier mot qui vient à
l’esprit ou plutôt qui saute aux yeux quand vous plongez dans la fournaise que constitue Lima en février (c’est l’été là-bas, ne l’oublions pas) c’est trafic. C’est bien simple, les routes sont
totalement paralysées une grosse partie de la journée, bus comme voitures roulent au ralenti, et les Péruviens prennent leur mal en patience. Remarquez, certains en profitent puisqu’une multitude
de marchands en tous genres déambulent en pleins bouchons, vendant leurs produits aux automobilistes bloqués. Circuler dans Lima prend donc du temps. Il ne sert à rien de raisonner en termes de
kilomètres, mais plutôt en temps de trajet. Et comme San Martin est situé assez loin du centre ville, nous n’avons pas compté nos heures passées dans les transports.
Notre première visite fut pour l’ambassade de France, où nous avions décidé d’aller pour y déposer, par sécurité, les photocopies de nos passeports. Pas franchement réjouissante cette visite. Première mauvaise nouvelle : la confirmation de la fermeture du Machu Picchu jusqu’en avril. Allez hop, à l’eau notre principal motif de visite au Pérou. Ensuite, nous avons été abreuvés de conseils alarmistes et d’anecdotes morbides remettant totalement en cause la circulation à vélo. Nous sommes donc sortis de là le moral un peu en berne, nous qui espérions tant de ce pays. Nous avons continué notre visite de la ville et nous avons enrichi notre vocabulaire espagnol d’un nouveau mot : CERRADO (pour les non hispanophones, cela signifie « fermé »). La cathédrale de Lima ? Cerrado. Le Museo de la Nacion ? Cerrado. Ben ça valait le coup ! Nous avons pu tout de même goûter aux charmes de cette ville à l’architecture si variée. Et nous avons pu nous confronter aux inégalités au sein de la société péruvienne en allant dîner dans un mall n’ayant rien à envier à ceux que l’on trouve aux USA. A côté des bidonvilles, ça fait un peu bizarre.
Le lendemain fut consacré à la récupération des vélos. Cela n’a pas été une partie de plaisir. Après avoir erré dans tout l’aéroport à la recherche du bon
interlocuteur, nous avons enfin pu mettre la main sur nos montures. De retour à la maison, nous n’avons pu que constater les dégâts importants causés par les délicates mains des transporteurs
aériens. Certaines choses se sont avérées réparables par nos soins, mais une pièce de la selle du vélo de David avait mystérieusement disparu, rendant celle-ci et donc le vélo, totalement
inutilisable. Nous nous sommes mis en recherche de cette fameuse pièce, en compagnie de Cynthia et Jhonathan, et c’est dans une quincaillerie que des mains habiles, adeptes du système D, ont pu
reconstituer la pièce en question. David possède à présent la selle de vélo la plus originale du monde !
C’est ce même jour, après avoir reçu de nouveaux conseils alarmistes, cette fois de la part de Sarah et de sa famille (donc des Péruviens) que nous avons pris la décision de modifier notre itinéraire et de zapper la partie Pérou en prenant le bus. Cette décision n’a pas été facile à prendre tant nous sommes attachés à ce moyen de transport, mais autant d’avertissements en si peu de temps nous ont sans doute fait un peu redouter l’éventualité d’un incident qui gâcherait tout le voyage, à ce stade si peu avancé. Du vélo, nous aurons le temps d’en faire, mieux vaut ne pas prendre de risques.
Le temps restant à Lima fut consacré à la découverte de la vie locale, notamment la cuisine. PE est devenu un inconditionnel de la boisson nationale, l’Inca Kola, soda de couleur jaune au goût de chewing gum (ça donne envie, n’est ce pas ?). Nous avons aidé à préparer le plat typique péruvien, le ceviche (poisson cru mariné dans du jus de citron) et avons testé, bien sûr avec modération, le pisco, l’alcool local à 50°. Bref, une belle immersion et un privilège rare que Sarah et sa famille nous ont accordé et comme à chaque belle rencontre, le pincement au cœur a été au rendez-vous lors de la séparation.
Une fois que fut prise la décision de quitter Lima en bus, il a fallut assumer et s’organiser. Car un vélo à transporter c’est un sacré boulot et ça coûte
cher ! Trouver un taxi disposant d’assez de place pour tout prendre, puis négocier à la station de bus, tout cela n’aurait certainement pas pu se faire sans l’aide de Cynthia venue nous
donner un coup de main. Après avoir payé un lourd supplément, nous avons pris place dans le bus très confortable (heureusement pour ce prix !) direction Cusco. Temps de trajet
prévu ? 30 heures. Chouette ! Mais finalement, ça s’est plutôt bien déroulé et nous avons pu profiter des paysages sublimes qu’offre le début de la cordillère des Andes, lorsque nous
n’étions pas les yeux rivés sur les écrans diffusant les films les plus récents. Top Gun en est le parfait exemple.
Alors que nous pensions arriver à Cusco en début de soirée, nous avons eu le plaisir d’entrer dans la gare de l’ancienne capitale inca sur les coups de midi. Rapide le chauffeur ! Le plus rassurant c’est que nous avons appris à ce moment là qu’un accident de bus avait fait 40 morts dans le nord du Pérou.
Une fois nos bagages récupérés, mais pas nos vélos (bon, cette fois on avait été prévenus qu’ils pourraient n’arriver que le lendemain par un autre bus, en fonction
de la place en soute), nous avons pris nos quartiers dans une auberge de jeunesse très sympa située en plein centre, puis partir à la découverte de cette cité inca. Nous avons également du gérer
notre souffle car n’oublions pas que Cusco est située à 3400m d’altitude. Qu’est ce que ce sera à La Paz ! Le contraste avec Lima est saisissant, tant dans la capitale, nous étions en
immersion péruvienne, alors que certains endroits de Cusco pourraient très bien se trouver à Paris et vu le nombre d’Occidentaux croisés dans les rues. Mais le programme concocté au départ de
cette ville est alléchant. Nous verrons bien ce que cela donne.
Cusco. Des bons et des mauvais souvenirs. Comme on adore se plaindre, on va commencer par le pire. Vous vous souvenez que nous devions récupérer nos vélos le lendemain de notre arrivée. Rendez-vous avait même été pris pour venir les chercher dans les bureaux de la compagnie de bus. Arrivés sur place, on nous annonce qu’ils sont toujours à Lima. On peut vous dire que quand la moutarde péruvienne monte au nez, le vocabulaire espagnol de l’engueulade vient tout seul. Bon, l’avantage, c’est que nous n’avons pas à nous préoccuper de la garde de nos vélos sur Cusco, puisqu’ils sont censés arriver le jour de notre départ.
De quoi avoir l’esprit à peu près tranquille (pas tout à fait quand même, on y est attachés à nos 2 boulets à pédales !) pour profiter des activités de la
région (sauf le Machu Picchu, snif snif snif). Et il y en a des choses à faire, à commencer par les sites incas de la Vallée Sacrée. Même si nous ne sommes pas du tout adeptes des visites
organisées, nous avons préférer jouer la facilité en optant pour une journée de visite en autocar, comme de bons petits Occidentaux (quoique PE avec son appareil photo, pourrait prétendre à la
nationalité japonaise !). Et avec un guide sympa et très compétent, et des sites d’une beauté à couper le souffle, on a pas regretté d’avoir choisi cette formule, même si, on vous l’accorde,
on est loin du type de voyage que nous avions à l’esprit en partant.
Pisac, Ollantaytambo, Chinchero, Tambomachay… tant de noms à consonance mystérieuse renvoyant à des sites témoignant de la virtuosité des Incas en matière de construction, le tout au milieu d’un décor de montagnes plus que magnifique. Très étrange d’ailleurs de se dire que nous sommes à presque 4000m d’altitude, sans voir un gramme de neige.
En plus de cette journée, nous avions envie d’aller à la découverte des Andes autour de Cusco, à cheval. Après avoir négocié avec l’agence, rendez vous était pris
pour une matinée équestre. Au final, nous sommes restés un peu sur notre faim et avec une sérieuse rancune envers l’agence, puisque nous ne sommes restés qu’1h30 au total sur les chevaux.
Bon, c’était magnifique, mais nous nous attendions à un peu plus. Cette dent contre l’agence nous a mis dans d’excellentes conditions d’énervement pour aller récupérer nos vélos. Et bien sûr,
lorsque nous sommes arrivés sur place, nada ! Suite à on ne sait quel problème (probablement imaginaire), retard de livraison. Après avoir poireauté pendant 1h45, nous avons enfin pu mettre
la main dessus. Heureusement que Juan, chauffeur de taxi de son état, était là pour nous aider. Il n’y a pas à dire, voyager avec un vélo sans faire de vélo, c’est vraiment casse pieds (pour être
polis !).Nous avons hâte de pouvoir voyager à nouveau normalement (pour nous, vous vous doutez de ce qu’est la norme !).
Nous pensions innocemment nous asseoir dans le bus pour La Paz, et arriver dans la capitale bolivienne le lendemain matin pour pouvoir organiser notre programme
chargé prévu dans ce pays. Grave erreur. Certains Péruviens avaient visiblement décidé de nous laisser le plus mauvais souvenir possible de leur pays. Nous avons déjà évoqué la galère pour
récupérer nos vélos, ce qui avait contribué à nous mettre dans un état d’énervement avancé. Une fois à la gare de bus, la satisfaction d’avoir trouvé un nouveau système pour rassembler nos sacs
(oui car une caravane de roms possède certainement moins d’affaires que nous) nous a calmé et nous avons attendu sereinement que quelqu’un se pointe au bureau de la compagnie de bus à qui nous
avions acheté nos billets. Détail important pour la suite, cette compagnie est la seule à proposer un trajet direct Cusco-La Paz. A 20h, soit 2 heures avant le départ, des employés arrivent
enfin. Nous nous dirigeons la bouche en cœur pour enregistrer notre bardas, et là, coup de massue : nous sommes les deux seuls à avoir pris des places pour ce trajet ce soir là, donc ils ont
purement et simplement décidé d’annuler le bus, en omettant bien sûr de le préciser par affichage ou un autre moyen. Des cyclistes ont tué des Péruviens pour moins que ça ! Finalement, la
seule solution fut de prendre 3 bus différents avec chargement et déchargement à chaque fois, et attente bien sympathique dans des gares routières en plein milieu de la nuit. Sans oublier qu’à
chaque nouveau trajet, on nous a imposé un supplément à payer pour le transport des vélos (la compagnie d’origine nous avait évidemment assuré qu’il n’y aurait rien à payer).Bref, on était
contents de passer la frontière. Nous avons même pu faire connaissance avec un endroit magique que nous reverrons sous peu : le lac Titicaca. L’aperçu fut prometteur, on en reparlera
bientôt.
Nous avons pu également constater le caractère très contestataire des Boliviens : sur notre trajet en bus, nous avons croisé 2 manifs à une heure d’intervalle. Le motif ? Mystère. La police et les syndicats ne sont évidemment pas d’accord sur le nombre des manifestants. Nous on était tellement crevés qu’on préfère rester neutres ! La popularité d’Evo Morales auprès du peuple est évidente, tant le nombre d’affiches, de slogans et d’inscriptions favorables, est important.
Arrivés à La Paz, la réalité de la capitale la plus haute du monde nous a sauté aux yeux. Cernée par les montagnes, dotées de pentes plus qu’escarpées, la capitale
bolivienne impressionne. A la nuit tombée, vu des hauteurs de la ville, le spectacle est grandiose. Nous avons pu goûter à La Paz by night grâce à Jorge, un anesthésiste bolivien,
connaissance de la famille de PE. Ca aide de connaître des locaux ! Nous avons quelques jours pour explorer la capitale bolivienne, mais aussi pour organiser le programme de festivités
touristiques dans ce pays, et accessoirement voir une école. Il y a du boulot !
Nous avons donc sillonné la capitale bolivienne, d’agences de voyage en stations de bus, pour trouver les meilleurs plans à moindre coût. L’avantage, c’est que notre auberge de jeunesse a gentiment accepté de garder nos affaires (et donc nos vélos) pendant nos excursions. Nettement plus facile de voyager avec seulement un sac à dos.
Le programme prévu fut le suivant : 2 jours sur le lac Titicaca (dont une nuit passée sur l’Isla del Sol), retour à La Paz, pour enchaîner directement avec 3 jours dans le Salar de Uyuni, puis re retour à La Paz pour récupérer nos affaires, voir l’école et partir direction l’Argentine. Un programme bien rodé et surtout bien minuté. Le problème de ce genre d’organisation, c’est que le moindre grain de sable vient enrayer toute la machine et tout dérégler. Et avec notre bol habituel, c’est ce qui s’est passé.
Nous sommes donc partis pour Titicaca. Temps de trajet : 4h jusqu’à Copacabana, petite ville située au bord du lac, de laquelle partent des bateaux pour l’Isla
del Sol (l’île du Soleil si la traduction s’imposait), à 1h30 de traversée. L’Isla del Sol, selon la légende inca est le lieu de naissance de l’astre solaire. Et on va finir par y croire :
pluie de La Paz à Copacabana, grand soleil dès que nous avons débarqué sur l’île !
Après une longue ascension, nous avons posé nos affaires dans une petite pension, et avons commencé à explorer l’île. Quel lieu magique ! Des paysages d’une
rare beauté, les Andes enneigées se reflétant dans le bleu des eaux du lac, des lamas, des moutons et des ânes qui broutent paisiblement. Et le plus beau, c’est qu’on était tous seuls !
Enfin presque, nous avons fait la connaissance d’un Français, Maxime, et d’un Allemand, Lars, avec qui nous sommes restés pendant notre séjour sur l’île et un peu après suite à ce qui est arrivé
(pas d’impatience, ça vient, ça vient !). Mais avant de conter cette énième galère de voyage, revenons un instant sur Titicaca. Tout le monde en a déjà entendu parler sans pour autant
savoir le situer. Le nom fait rire les petits (et certains grand à l’humour douteux) et voyager pas mal de gens. Pour nous, c’était notre premier contact avec cette nature bolivienne tant contée,
et on peut vous dire qu’un coucher du soleil et un lever (ou car on a fait l’effort de mettre un réveil pour assister au spectacle !), ça vous marque 2 cyclistes sans vélos.
Bon allez, vous avez assez attendu, voici ce qui nous est arrivé de fâcheux. Sur le bateau qui nous ramenait de l’île vers Copacabana (traversée au cours de laquelle PE a sympathisé avec un petit Bolivien prénommé Albert, et à qui il a tenté d’enseigner le maniement complexe de son appareil photo), nous avons appris ce qui allait nous pourrir notre organisation si minutée : une grève des chauffeurs de bus paralysant tout le pays pendant au moins 2 jours. Impossible de quitter Copacabana par quelque moyen de transport que ce soit. Allez hop, raté pour Uyuni ! Tout est à repenser. Ah oui, le motif de la grève. Des conditions de travail indignes ? Non ! Des horaires inhumains ? Pas du tout ! Tout simplement un projet de loi menaçant d’interdire l’alcool au volant. Sacrés Boliviens !
Et qu’est ce qu’on fait pendant 2 jours à Copacabana ? On tue le temps, on joue au billard, on va sur internet, on mange de la truite. A noter qu’on a même pu
voir le match de foot France-Espagne dans un petit bar. Assez surréaliste.
Heureusement, notre détention au pénitencier de Copacabana n’aura finalement duré qu’un jour puisque la grève a cessé le lendemain. Avec Maxime, le Français rencontré sur l’Isla del Sol, nous sommes montés dans le bus pour La Paz, et sommes arrivés à temps pour trouver un hôtel situé près de la gare de bus. Notre objectif : réorganiser le programme chamboulé par la grève.
Après avoir dit au revoir à Maxime, nous avons foncé à la gare de bus. Première mission : décaler notre départ pour l’Argentine. Deuxième : se faire rembourser le billet de bus pour Uyuni que nous n’avons pu honorer pour cause de grève. Troisième : acheter un billet pour la ville d’Oruro, avec l’espoir de pouvoir ensuite prendre un train de là, direction Uyuni. Grande surprise, ces 3 objectifs ont été atteints sans problème et nous avons pris place dans le bus pour Oruro. Après un trajet plutôt inconfortable, nous sommes arrivés dans cette ville ne présentant strictement aucun intérêt. Nous avons donc filé à la gare ferroviaire sans faire de tourisme. Une fois sur place, le miracle des enchaînements positifs a pris fin : train complet. Bon, et bien, il n’y a plus qu’à se rabattre sur le bus de nuit pour Uyuni et tuer ce qui nous de l’après midi dans un cyber café.
Que dire de ce trajet Oruro-Uyuni ? Probablement le pire que nous ayons fait depuis le début (et on commence à avoir pratiqué niveau bus, peut être un peu trop
d’ailleurs !). La mauvaise qualité de la route alliée à la encore plus déplorable qualité du bus, a fait que nous sommes arrivés au petit matin à Uyuni sans avoir fermé l’œil de la
nuit !
Nous avons sympathisé avec 2 Allemandes, avec qui nous avons décidé de former un groupe pour les 3 jours que durent l’exploration du Salar et des environs. Après
avoir négocié un tarif avantageux avec l’agence, nous avons pris place tous les 4 dans la jeep, rejoints par un Hollandais et un Espagnol. Très européenne cette jeep ! Quelques heures de
route plus tard, nous voici enfin dans ce que nous attendions depuis belle lurette : le Salar de Uyuni, le plus grand désert de sel du monde. Et pour ne rien gâcher, la saison des pluies
fait que le Salar est recouvert d’une mince pellicule d’eau, rendant sa surface semblable à un miroir, et donnant l’impression de se déplacer dans le ciel. Comment décrire l’indescriptible ?
Ce lieu incomparable nous a subjugué, époustouflé, fasciné… Le vocabulaire nous manque pour définir ce que nous avons ressenti au milieu de cette étendue magique. Après avoir déjeuné sur place,
nous sommes remontés dans la jeep et avons dit au revoir à ce désert blanc.
L’après midi ne fut guère passionnante puisque nous n’avons pratiquement fait que rouler. Certes, les paysages traversés étaient très variés et c’est toujours
amusant de croiser des troupeaux de lamas, mais nous aurions préféré faire un peu moins de voiture. La fin de la journée fut marquée par un énorme orage, rendant la tâche de notre chauffeur
difficile (nous avons pu expérimenter la conduite à l’aveugle dans le désert bolivien), mais nous avons pu rejoindre sans encombre notre lieu d’hébergement pour la nuit.
Après une bonne nuit de sommeil, nous avons grimpé dans notre jeep pour notre deuxième jour de visite. Pour être honnêtes, nous n’en attendions pas beaucoup,
puisque le moment fort de ces 3 jours, en l’occurrence le Salar, avait été fait la veille. Et bien nous nous sommes bien trompés ! En une journée, la diversité des paysages qui se sont
offerts à nous, est tout simplement hallucinante. Des déserts de sable aux couleurs allant du jaune à l’ocre, des formations de roches volcaniques aux formes étonnantes, des lagunes encerclées
par des montagnes aux dégradés de couleurs sublimes… Mention spéciale pour notre lieu de déjeuner : seuls au bord d’une lagune. Magique ! Nous avons eu également quelques contacts avec
la faune bolivienne puisque nandous (petites autruches) et autres vigognes (sorte de petits lamas) se sont amusés à suivre notre jeep, sans oublier les nombreux flamands roses, maîtres des
étendues d’eau salée au milieu des lagunes. Il est assez difficile de rendre compte par écrit de ce que nous avons vu, les mots ne rendant pas grâce à la beauté de ces sites. Vous nous direz ce
que vous pensez des photos ! Nous avons terminé cette journée relativement tôt en prenant nos quartiers dans une habitation sommaire située au milieu du parc naturel de Laguna Colorado.
Encore un site sublime, mais on est loin d’être blasés ! Après une ballade à pied, nous sommes rentrés pour dîner et nous coucher tôt puisqu’un réveil à 4h du matin était prévu pour admirer
le lever du soleil.
On a bien eu droit au lever à 4h du mat, mais on s’était complètement planté (notre espagnol reste encore perfectible), puisque ce lever matinal n’avait pour but
que d’arriver tôt sur le site des geysers, pas du tout pour le lever du soleil ! Fascinants ces geysers et très odorants vu le souffre omniprésent. En plus de ces derniers, le volcan en
activité favorise la formation de sources d’eau chaude, dans lesquelles certains touristes en ont profité pour piquer une tête (nous on s’est dégonflé !). Cette troisième et dernière journée
fut encore très fournie en paysages variés et en couleurs changeantes au cours de la journée. Après avoir déposé les 2 Allemandes à la frontière chilienne, nous avons refait tout le chemin
parcouru ces derniers jours pour arriver à Uyuni en fin d’après midi, très fatigués mais les yeux encore remplis de belles images.
Il ne reste plus qu’à attendre 2h du matin pour prendre notre train direction Oruro, avant de monter dans un bus pour revenir encore une fois à La Paz. Et qu’il fut
fatigant ce trajet ! La ponctualité n’étant pas le point fort des Boliviens, notre train partit d’Uyuni avec 1h30 de retard. Les 7h de trajet furent ponctuées par de la musique
traditionnelle bolivienne, de quoi devenir allergique à la flûte de pan. Les 4h de bus entre Oruro et La Paz accentuèrent encore plus notre fatigue. Nous avons donc été plus que ravis de pousser
la porte de notre chambre d’hôtel (en ayant constaté que nos affaires étaient encore là) pour pouvoir nous reposer et nous laver. Grosse frayeur pour PE qui a à un moment cru avoir perdu son
portefeuille, finalement retrouvé un peu plus tard. David n’a pas eu cette chance puisqu’il cherche toujours à remettre la main sur son appareil photo, qui doit probablement faire à présent le
bonheur d’un voleur bolivien. Sympa le retour !
Un programme chargé nous attendait sur La Paz, avec en tout premier lieu, la visite de l’école française de la ville. Située à une demi heure de voiture du centre, il a fallut s’organiser pour pouvoir montrer un vélo aux enfants. Et comme PE avait très envie de claironner qu’il avait pédalé en Bolivie, nous avons décidé que David prendrait un taxi avec les bagages en expliquant au chauffeur qu’il devrait attendre PE qui suivrait à vélo derrière. Pas simple. Mais heureusement, ce n’était pratiquement que de la descente pour se rendre à l’école. Une fois sur place, nous avons effectué notre désormais traditionnelle présentation à 2 classes, un CE2 et un CM1. Nous n’avons pas trop perdu la main, les enfants ont eut l’air d’accrocher. Un échange franco-maroco-bolivien est donc à espérer.
Au retour (cette fois en taxi, vous êtes gentils mais se taper les rues abruptes de La Paz dans le sens de la montée c’est pas de la tarte !), nous avons
décidé de nous rendre sur les hauteurs de La Paz, à El Alto, pour profiter une dernière fois de la vue, et accessoirement nous mêler un peu plus à la population bolivienne, ce quartier étant
plutôt populaire. Quelle vue magnifique, on ne se lasse pas de contempler cette ville si originale qu’est La Paz. Spectacle tellement fascinant qu’on en oublierait presque l’odeur d’urine
omniprésente. Oui car les Boliviens ne se gênent pas pour se soulager dans la rue, et ce, malgré les nombreux panneaux menaçant d’une forte amende les contrevenants. Nous avons ensuite déambulé
dans El Alto avant de connaître notre baptême de bus collectif pour rentrer. Expérience très originale et surtout moins coûteuse que le taxi.
Nous sommes passés chez Jorge, l’anesthésiste qui nous avait accueilli à notre arrivée sur La Paz, pour dire au revoir, avant de rentrer tranquillement nous
préparer pour le grand voyage de demain. 2 jours et demi de bus, et à nous l’Argentine en vélo !
Et en bonus track que vous avez bien mérité vu la longue attente depuis le dernier article, voici une petite vidéo péruvienne. On espère qu'elle vous plaira. A bientôt !
Pérou 2010
envoyé par racontemoitonpays. - Evadez-vous en vidéo.
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