Les bonnes résolutions prises la veille de partir plus tôt furent à peu près tenues, puisque nous avons levé le camp un peu avant 8h.
Au fur et à mesure des kilomètres, nous avons pu découvrir que le designer de la Bourgogne devait avoir un petit coup dans le nez au moment de sa création : pratiquement impossible de trouver une partie plate, les côtes et les descentes s’enchaînant inlassablement. La douleur procurée par l’ascension d’une montée abrupte est à mettre au même niveau que le plaisir donné par la descente qui suit.
Côté paysage, ce fut assez varié : nous avons commencé au milieu d’immenses champs de betteraves, puis traversé des forêts aux belles couleurs d’automne. Le tout sous un ciel bleu qui nous fit prendre de superbes couleurs.
En l’absence d’un quelconque village avec une épicerie, nous avons rompu la routine du sandwich jambon-fromage du déjeuner, pour nous rabattre sur 2 énormes fougasses achetées à la boulangerie locale. Nous avons fait l’erreur de nous arrêter pour les manger en bas d’une côte, la digestion n’en fut que plus difficile quand nous sommes repartis.
Les montagnes russes, ou plutôt bourguignonnes, ont continué tout l’après midi, avec cette foi de nombreux pièges : quand nous espérions une longue descente après une montée éprouvante, la montée suivante revenait beaucoup plus vite que prévu.
Arrivés dans la ville de Joigny vers 15h30 pour se ravitailler en provisions, le fil de l’écouteur de David se prit dans un de ses rayons et il n’eut d’autre choix que d’abréger ses souffrances à coups de ciseaux.
Au moment où nous allions repartir, une personne nous aborde pour nous demander où nous allions ainsi chargés, avec nos vélos. Au fur et à mesure de la discussion, Sarah se présenta comme une Sœur du Sacré-Cœur, comme l’école lyonnaise partenaire du projet. Que le monde est petit ! Nous invitant à visiter la maison de Madeleine-Sophie Barrat (fondatrice de la Communauté du Sacré Cœur et maison où vivent maintenant les Sœurs), nous n’en sommes plus repartis. Et tant pis pour la moyenne kilométrique. Une bonne douche, un bon repas et un vrai lit, voilà de quoi requinquer vos 2 cyclistes préférés !
Pour parler du repas, nous avons été très surpris de l’ambiance qui régnait au sein de la communauté, très éloignée des clichés habituels. Alors un grand merci aux
Sœurs du Sacré-Cœur pour cet accueil. Nous savons où passer quand nous reviendrons dans un an, sur le chemin du retour.
Après un bon petit déjeuner et des au revoir assez émouvants, nous avons quitté les Sœurs du Sacré-Cœur.
Sous un ciel plutôt gris, commença notre découverte des vallons auxerrois avec pour terre promise l’Yonne, synonyme de plat. Que de faux espoirs en cette matinée : à chaque fois que nous pensions arriver au but, une autre vallée s’ouvrait devant nous ! Plutôt usant pour le physique et le moral !
Grosse rigolade à signaler dans le village de Neuilly, en comparant celui-ci à Sarkoland, puis déjeuner mérité et venteux en haut d’une côte interminable. Ensuite, commença l’immense descente tant espérée, sur l’Yonne, durant laquelle nous avons atteint des vitesses record !
Le nom du village synonyme de salut fut Champ sur Yonne, où nous avons pu discuter avec 2 retraités passionnés de vélo, qui nous ont annoncé ce que nous espérions depuis le début : des kilomètres de plat le long d’un cours d’eau, le canal du Nivernais.