Malgré un réveil très matinal (5h30), nous ne sommes pas parvenus à lever le camp avant 7h45. Gros souci d’organisation !
On commence par 7 km sous la pluie sur une nationale très fréquentée. Frissons garantis ! Puis un arrêt à Clamecy, petit bled où nous avons causé vélo avec 2 locaux autour d’un café.
De là, l’itinéraire n’a pas été long à choisir : tout droit le long du canal. Pas tellement de péripéties à signaler en ce début de matinée, les kilomètres défilent sans problèmes.
A 11h, notre stage accéléré de mécanique a débuté en fanfare : belle crevaison sur la roue avant de PE. Ajouté à cela un souci de porte-bagage et voilà une heure de perdue ! A noter la dextérité de PE dans l’exercice de gonflage de jante. Cet incident a quand même eu des effets positifs : des personnes croisées pendant la réparation nous ont proposé d’intégrer une classe de CE1 de Clamecy au projet !
Après un déjeuner rapide sur un banc le long du canal, nous avons repris la route, toujours le long du canal. Celui-ci, Dr Jekyll jusqu’à présent, a montré son visage de Mr Hyde : montées interminables en paliers sous un déluge de pluie et de vent ! Gros fou rire nerveux à signaler quand nous en avons enfin terminé.
Revenu à son état de gentil canal, nous avons pu augmenter notre cadence de pédalage, et garder une vitesse constante de 17 km/h (une première dans la semaine !).
Les éléments se lient contre nous pour nous empêcher d’atteindre cette barre mythique des 100km parcourus en une étape, cette fois sous la forme d’un taureau égaré sur la piste et ne voulant pas nous laisser passer. Le vélo et les sacoches rouges de David étant susceptibles d’avoir l’effet désastreux que l’on soupçonne, nous avons préféré patienter et attendre qu’il s’écarte, plutôt que de forcer le passage.
Et pour bien terminer cette journée, quoi de mieux qu’une séance de pédalage de nuit et sous la pluie ?
Au vu du nombre de kilomètres restant à parcourir jusqu’à Lyon et du faible temps qui nous restait pour le faire, nous avons décidé de « tricher » et de prendre un train pour raccourcir le trajet. A la base, nous voulions nous rendre à la garde de Decize, située à 50 km de notre lieu de bivouac, tout au bout du canal du Nivernais. De là, nous comptions prendre un train pour Dijon, où des amis des parents de PE, les Poullety, avaient eu la gentillesse d’accepter de nous héberger pour la nuit, pour ensuite prendre un train le lendemain pour Villefranche sur Saône afin de tout de même arriver à Lyon à vélo. Vous allez voir que ce programme a été en partie modifié.
Le campement fut plié à 8h30, sous un ciel peu engageant. Dès les premiers coups de pédale, nous avons senti que ça n’allait pas être une partie de plaisir, malgré le faible nombre de kilomètres programmés ce jour là. La pluie et le vent semblaient s’être donnés le mot pour nous gâcher cette étape. Trempés jusqu’aux os, les mains et les pieds gelés, le canal du Nivernais nous semblait interminable.
Arrivés dans le village de Cercy la Tour et voulant prendre un café pour nous réchauffer un peu, nous nous sommes arrêtés devant un PMU. Là, un personnage coiffé d’un béret nous aborde et commence à discuter vélo. Il s’agissait d’un garde forestier qui faisait sa pause de la matinée et nous invita à prendre un café à l’intérieur. S’en suivit une discussion mémorable très axée bicyclette, mais également sur son métier. Très intéressant ! Au moment de partir, ce sympathique garde, dont nous n’avons jamais su le nom, nous a fourni une info capitale : Cercy la Tour dispose d’une gare, située sur la même ligne que celle que nous comptions prendre pour nous rendre à Dijon ! Plus besoin d’affronter les éléments et pédaler jusqu’à Decize !
Renseignements pris, il s’est avéré que le prochain train pour Dijon partait à 16h de l’endroit où nous nous trouvions. Nous avions donc plusieurs heures à tuer avant celui-ci, heures que nous avons choisi de passer dans le PMU dans lequel nous nous trouvions. Fort sympathique ce PMU au demeurant : discussions éclairées des locaux sur la géopolitique mondiale (radio bistrot ça vous parle ?), chauffage en panne et Rapido à volonté.
Après ces quelques heures merveilleuses, nous nous sommes enfin rendus à la gare de Cercy pour prendre notre train. Une courte description de la gare s’impose : 2 quais minuscules, pas un chat sur ceux-ci, mais surtout pas moins de 8 employés tous plus désœuvrés les uns que les autres ! Plutôt rigolo à observer.
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