Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 13:34

Encore le Maroc ? Ils n’avancent pas vite ces 2 là, on aimerait bien entendre parler d’autres choses ! Du calme, braves gens, ceci est le dernier compte rendu marocain.

Par ailleurs, même si cela nous parait totalement incompréhensible, il apparait que certains n’ont pas veillé en attendant minuit pour nous écouter les soirs d’intervention sur France Inter. Nous sommes 2 personnes magnanimes, aussi, nous vous proposons d’écouter ces podcasts en cliquant ici. Nous signalerons également que les enfants d’une classe de CE1 de l’école française Berchet à Tanger ont réalisé une chouette BD suite à notre passage dans l’école. Pour juger par vous-même, c’est ici. Et pour finir (enfin façon de parler puisqu’on n’a pas encore commencé), le journal lyonnais Le Progrès parle à nouveau de nous. L’article se trouve ici.

Nous en étions restés à notre immobilisation à Fès pour cause de santé et à notre décision de prendre un bus pour Khénifra. Parlons-en justement de cette expérience du bus marocain. On peut dire que c’est nettement plus facile (et bien moins cher) qu’avec le bus espagnol ! On arrive, on pèse les bagages, on file les vélos, on paie, on s’installe dans le bus et on prie pour retrouver les bécanes en état après avoir vu comment elles ont été placées (le terme exact serait plutôt balancées) dans la soute. Arrivés à Khénifra tard le soir, dans un hôtel sans charme ni confort (mais largement suffisant), nous bénéficions d’un très court temps de sommeil pour se réveiller tôt sous un ciel…gris et pluvieux ! 2 jours qu’il fait grand soleil, et bien sûr, dès qu’on se remet à pédaler il pleut. Rageant !

Fes---Casablanca 4850 

Après avoir réglé un petit problème mécanique sur le vélo de David qui retarda le départ, nous sommes vite rentrés dans le vif du sujet : ça grimpe sec ! Mais ça descend également pas mal, donc ça peut passer.

Au bout de 20 petits kilomètres, nous décidons d’une pause dans la petite ville de Thigssaline…et nous n’en sommes plus repartis ! Rassurez-vous, c’est tout à fait volontaire. Nous avons simplement rencontré Ben, un Marocain ayant vadrouillé pendant 25 ans dans toute l’Europe, et qui nous a proposé de rester chez lui pour la journée et pour la nuit. Nous ne réfléchissons pas longtemps, pas question de louper cette occasion de bénéficier de la légendaire hospitalité marocaine. Entre ballade dans l’Atlas et couscous maison, nous n’avons pas été déçus. Pour respecter notre délai, nous n’avons pas le choix : demain ce sera du bus jusqu’à Beni Mellal, la prochaine ville, histoire d’avancer un peu plus vite, puis nous reprendrons le vélo. Vous allez dire que l’on n’en fait pas énormément du vélo en ce moment. C’est vrai, mais l’un de nos principaux objectifs pour ce voyage n’est il pas d’aller à la rencontre des gens, de découvrir cultures et traditions ? Sur ce coup, on est en plein dedans et ça vaut bien le coup de sacrifier quelques kilomètres de pédalage.

Fes---Casablanca 4643 

Après une bonne nuit à la marocaine (comprenez à même le sol, sur des tapis), nous avons fait nos au revoir à Ben et sommes montés dans le bus de 6h30, direction Beni Mellal. Vu comment nos chères machines ont été une nouvelle fois jetées comme des vulgaires sacs de pommes de terre, nous nous sommes dits en nous installant qu’il faudrait un miracle pour qu’elles en ressortent indemnes. Et après avoir vu comment le chauffeur conduisait dans la montagne, on s’est également dit que le coup du miracle, c’était valable pour nous aussi ! Halléluia, gloire à qui vous voulez, le miracle eut lieu, machines et cyclistes survécurent au bus infernal. Amen.

Nous avons pris la route avec un rythme plutôt soutenu, vu le faible dénivelé et le peu d’intérêt de l’environnement. Après le déjeuner, nous avons pu vérifier la théorie suivante : la probabilité que les conditions météorologiques soient favorables, est inversement proportionnelle au fait que l’on pédale. En d’autres termes, quand on n’est pas sur le vélo il fait beau, quand on pédale, il pleut ! Notre retour à la vie cycliste s’est donc effectué sous des trombes d’eau. L’après midi ne fut donc pas très agréable, d’autant que certains véhicules que nous avons croisés, ne se sont pas vraiment donnés la peine de s’écarter, nous obligeant à rouler sur le bas côté pour ne pas finir sous les roues du dit véhicule.

Fes---Casablanca 4948 - Copie 

Après avoir demandé asile pour la nuit à la gendarmerie du village de Pont d’Imdahane, le gardien de la paix royal (n’oublions pas que nous sommes dans une monarchie, donc la gendarmerie n’est pas nationale comme chez nous !) nous a renvoyé vers le gérant du café d’en face, qui, après marchandage, a accepté de nous laisser dormir dans une salle chauffée pour un prix modique.

Un ciel bleu pour démarrer la journée, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça. C’est donc de bonne humeur que nous avons quitté notre hébergement âprement négocié. Le faible kilométrage prévu pour cette étape nous autorise à prendre notre temps. Nous pouvons donc pleinement profiter de ces paysages lunaires que nous traversons, en marquant régulièrement des arrêts.

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Une chose que nous n’avions pas encore eue et que l’on aurait souhaité éviter est venue perturber un peu la fête : la boue ! Le bas côté est constitué d’une terre gluante qui vient se coller dans les roues et s’infiltre partout. Un bon embourbage comme on les aime ! Chouette ! Nous avons nettoyé comme nous le pouvions, mais nos chers vélos auront bien besoin d’une bonne douche.

Après une longue pause déjeuner suivie d’une micro sieste, il ne nous restait que 30 ridicules kilomètres à parcourir jusqu’à la fin de l’étape. Une broutille croyions nous ! Mais il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des forces qui ont décidé que nous allions en baver sur ce tour : le vent s’est soudain levé, et bien sûr, c’est de face que nous avons pu en profiter. L’allure s’est donc considérablement réduite mais nous avons tout de même pu atteindre Temelet, où, comme à notre désormais habitude, nous avons demandé un accueil auprès de la gendarmerie royale qui… nous a envoyé promener en nous indiquant un lieu d’hébergement à 6km de là, à côté d’une station service. Une fois rendus à la dite station, point de lieu. Que faire, la nuit tombe ! Hé bien, tout simplement s’en remettre à l’hospitalité marocaine, en l’occurrence celle de Soufiane, le directeur de la station, et des employés, qui nous ont permis de dormir sur le toit (abrité)  et même de partager leur dîner. Et quel dîner : pas moins de 5 plats, tous plus délicieux les uns que les autres, dans une ambiance des plus chaleureuses, pour une des meilleures soirées que nous ayons passée au Maroc !

Fes---Casablanca 5060 

C’est donc avec le cœur serré que nous avons quitté nos amis de la station service avec une seule idée en tête : boucler au plus vite les 50km nous séparant de Marrakech, pour pouvoir souffler un peu et surtout…nous laver ! On a beau dire, être propre ça vous change un cycliste. Sous un ciel plutôt maussade, nous avançons aussi rapidement que nous pouvons malgré la piètre qualité de la route (pourtant une nationale ! Il y a des progrès à faire concernant le réseau routier marocain !).

A 10 bornes de la ville, nous décidons que nous ne sommes pas les seuls à avoir besoin d’une bonne douche. Nos 2 vélos ont donc été décrassés comme il le fallait, dans un car wash (merci pour la traduction, on sait que « car » ça veut dire voiture en anglais. Mais on n’a pas trouvé de bike wash, donc on s’adapte !).

Fes---Casablanca 4939 

Une fois dans Marrakech, nous nous sommes confrontés à la loi de la jungle qui semble régner sur les routes de cette ville. Marrakech semble être l’endroit où les 2 roues ont pris le pouvoir et où règne l’anarchie la plus totale. Des mobylettes et des vélos sortant de partout et se plaçant sur la chaussée comme bon leur semble. La sécurité, on oublie, l’important c’est d’aller vite. Certains ont des casques…mais ils ne les portent jamais. Ils sont simplement accrochés sur le côté de l’engin. Après tout, c’est plus logique de protéger la carrosserie des éraflures que le crane des chocs ! Enfin bref, tout ça c’est assez éprouvant après des jours de circulation sur des routes peu fréquentées.

Près de notre lieu d’hébergement, nous croisons 2 Hollandais à vélo, partis du sud de l’Espagne et descendant jusqu’en Afrique du Sud. Vous voyez bien qu’il y a plus inconscient que nous ! Après avoir un peu galéré pour retrouver l’hôtel, nous avons enfin pu poser nos bécanes et prendre nos marques dans une ville que nous allons visiter pendant 6 jours.

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Marrakech. Ce simple nom a suffit à nous faire avancer (et saliver) pendant notre périple marocain. Ca booste bien la perspective de retrouver la famille et de s’accorder une semaine de repos dans un cadre pas désagréable !

Cette semaine a tenu toutes ses promesses, et comme toutes les choses agréables, elle est passée trop vite ! Au programme : visite de la ville, ballade et achats dans les souks (PE a développé la technique de marchandage ultime : dire qu’il habite à Marrakech !), dégustation de thé et de bons petits plats marocains… Bref, la belle vie !

Fes---Casablanca 5248 

Et puis on a beau jouer les gros durs, aventuriers, baroudeurs, sans attaches, libres comme le vent…, revoir la famille ça fait quand même quelque chose. Les au revoir n’en sont que plus douloureux.  Nous réalisons également que Marrakech était notre dernière grosse étape marocaine. Dans une semaine nous nous envolerons pour l’Amérique du Sud. Nouveau départ, nouvelle aventure. On aura largement le temps d’en reparler. D’ici là, savourons nos derniers kilomètres marocains et gardons en tête ces bons souvenirs marrakchis (et également d’Essaouira, superbe ville balnéaire à 160km de Marrakech, où nous avons fait une petite excursion d’une journée en compagnie des parents Paris).

Essaouira 2  

Ayant déjà le Pérou en ligne de mire, la route menant à Casablanca n’a pas vraiment trouvé grâce à nos yeux, tant l’intérêt présenté par celle-ci fut réduit. Peu de péripéties à signaler sur ces 3 jours, si ce n’est que nous avons connu notre première expérience de la fauche au Maroc, dans la pas du tout charmante ville de Settat. En effet, c’est en chargeant son vélo que PE s’est rendu compte que son guidon semblait dépouillé. Pendant la nuit, quelqu’un s’était donc amusé à chiper les peluches accrochées au dit guidon. Pas bien grave direz vous. Certes, la valeur matérielle est faible, mais la sentimentale est bien plus élevée, puisqu’il s’agissait d’un cadeau de proches. Sur le vélo, on a largement le temps de cogiter et de se laisser envahir par la nostalgie ou la mélancolie. Se rattacher à quelque chose de physique, aussi futile que ce soit, peut s’avérer très réconfortant dans des moments difficiles. Ce vol a donc un peu plombé l’ambiance, mais n’a pas empêché notre progression fulgurante sur cette route de plus en plus fréquentée.

Fes---Casablanca 5872 

L’arrivée sur Casa promettait d’être agitée et elle a effectivement tenu toutes ses promesses. Au royaume des fous du volant, certains Casablancais (on n’est pas sûrs de l’appellation exacte des habitants de cette ville, mais on s’est dit que ça sonnait bien) sont les rois ! Dépassements hasardeux, vitesse plus qu’excessive, ignorance totale des règles les plus basiques du code de la route… On pensait avoir tout vu depuis notre arrivée à Tanger mais rien de comparable ! Nous sommes tout de même arrivés entiers dans le superbe appartement de Mme El Khatabi, qui nous fait la gentillesse de nous héberger pour ces quelques jours sur Casa avant de prendre notre avion.

Fes---Casablanca 6205 

Justement nous profitons de ces quelques jours dans cette ville de Casablanca pour reprendre des forces, nous poser, et visiter un petit peu tout de même, car il y a de quoi voir dans cette immense ville. C’est également l’occasion de faire le bilan de notre expérience marocaine que nous jugeons très positive.

Pour développer un peu niveau images, vous pouvez cliquez ici, si bien sûr le coeur vous en dit!

Et puis on ne pouvait pas conclure sans une petite vidéo pas piquée des hannetons dont vous nous direz des nouvelles !


Marrakech février 2010
envoyé par racontemoitonpays. - Evadez-vous en vidéo.

Nous nous lançons maintenant dans une nouvelle aventure, excitation et appréhension sont bien-sûr au rendez vous. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de ce qu’il en est. A très vite !
Par raconte moi ton pays
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