Partager l'article ! J'achète un château en Espagne !: Mais quelle cruauté, devez vous penser ! Laisser autant de temps passer depuis le dernier article, cela ...
Mais quelle cruauté, devez vous penser ! Laisser autant de temps passer depuis le dernier article, cela devrait être passible d’une lourde peine devant la Cour International des Droits de l’Homme ! Le suspense était en effet insoutenable : que peut-il s’être passé depuis Toulouse ? Quel accueil le Sud Ouest a-t-il réservé aux 2 aventuriers de temps modernes que nous sommes ? Avons-nous pu enfin apercevoir les routes espagnoles ? Est-ce que Brandon va épouser Kimberley ? Vous le saurez, enfin si on est sympas, en lisant les lignes ci-dessous.
Après cette longue pause toulousaine, il était grand temps de reprendre la route. A trop rester dans certains
endroits on va vite sentir le poids de 17 000 km restants ! Le temps de ranger la maison Martinez et nous étions parés. Et là, comme dans un mauvais rêve, juste au moment de partir, à la
seconde où nous donnions notre premier coup de pédale, la pluie s’est mise à tomber ! Mais qu’avons-nous donc fait de si horrible dans une vie antérieure pour être maudits de la sorte ?
Pas si maudits que ça a priori, puisque la pluie a rapidement cessé et le Canal du Midi s’est offert à nous sous le soleil.
Ah, le Canal du Midi ! Le paradis : du plat et des routes goudronnées, le tout sous un grand ciel bleu. Quel pied ! Les kilomètres s’enchainent très rapidement et nous prenons notre pause déjeuner à Castelnaudary. Non, pas de cassoulet au menu, trop indigeste pour les sportifs que nous sommes.
L’après midi se déroule à merveille, et l’arrivée sur Carcassonne se passe de manière triomphale tellement nous
avons le sentiment d’avoir bien roulé. Un coup d’œil sur le compteur nous apprend que nous avons franchi la barre mythique des 100km pédalés en une journée. Royal !
L’étape suivante jusqu’à Narbonne ne devait être qu’une formalité. 60 petits kilomètres, ridicule comme étape n’est ce pas ? Mais heureusement pour la beauté du récit et malheureusement pour nos jambes, tout ne s’est pas passé comme prévu, puisqu’une fois préparés, un regard sur la carte nous apprit que ces 60km constituaient effectivement la distance à parcourir, mais par autoroute ! N’étant pas adeptes de la bande d’arrêt d’urgence, nous nous retrouvions dans l’obligation d’emprunter les petits chemins, soit une distance « classique » de 90km. Ca en plus de la pluie, douche froide assurée !
L’étape de la veille a laissé des traces et nous peinons à nous activer sous la grisaille. Mais la pluie a cessé,
c’est déjà ça de pris ! Finalement, nous avons réalisé que nous étions bien de génies mathématiques, puisque nos calculs initiaux étaient bons, mais oui, vous savez, les 60km. Faudrait
peut-être penser à suivre !
Nous avons donc pu trainer un peu, et nous arrêter dans THE PLACE TO BE de cette région narbonnaise : le Bubullgum Café de la charmante bourgade de Névian, à 7km de Narbonne. Discussion sympa avec le patron, qui devait trouver le temps long tout seul, puisqu’il nous a payé des coups pour nous inciter à rester un peu. Et il nous a même pris en photo pour le journal local. Quelles célébrités ! Arrivés à Narbonne, nous avons pu bénéficier du superbe accueil de Mme Dufour.
Pourquoi les gens, sans le vouloir, disent sans arrêt des choses décourageantes pour les 2 cyclotouristes que nous sommes ? Ne passez pas par là, il va pleuvoir, ça grimpe sec, vous n’êtes pas encore arrivés, vous êtes sûrs que vous ne voulez pas prendre le train…
Bref, ce matin, on devait avoir de la pluie et de la sale route aux dires de certains. Hé bien, nous avons eu la
chance de quitter Narbonne sous un grand beau temps et admirer de superbes paysages côtiers, grâce à notre ami Brice qui nous a servi de guide pour les premiers kilomètres, à travers la nettement
moins superbe zone industrielle de Narbonne. Du moins, on les a beaucoup appréciés ces paysages, avec le vent dans le dos. De face, c’est beaucoup moins sympa, ce qui explique notre faible
moyenne kilométrique de la matinée. Tout de même, mention spéciale au magnifique village de Bage, qui nous a charmé l’un comme l’autre.
Bon, il devait pleuvoir, raté (tant mieux !), ça devait être plat, raté aussi (moins tant mieux). Que de côtes ! Belle préparation pour notre baptême du feu pyrénéen prévu pour le lendemain. Fort heureusement, ça n’a pas duré et le retour en bord de mer fut marqué par une route plate et un vent docile. Le temps de nous perdre dans Canet en Roussillon et nous avons bouclé notre étape de 100km. Terminus à Argelès sur Mer, où nous passons notre dernière nuit en territoire français. Le voyage peut enfin commencer !
Cette fois nous y sommes. Plus qu’une toute petite chaîne de montagnes à franchir et nous pourrons changer de langue, de culture, d’habitudes, bref, commencer notre dépaysement volontaire. Mais la chaîne de montagne en question n’allait pas se laisser franchir si facilement.
Qu’est ce qu’on l’aime la montagne avec 2 planches aux pieds et du blanc au sol ! A vélo, c’est une autre
histoire. Pourtant, tout avait bien commencé. Ca grimpe, certes, mais le panorama est si sublime qu’on en oublie la douleur. Les villages traversés (Collioure, Banyuls…) rivalisent de charme.
C’est donc fatigués, mais avec le moral que nous avons passé la frontière espagnole.
Nous pensions innocemment qu’il suffirait ensuite de se laisser porter par la descente pour atteindre la terre promise, pardon, ibérique. Hé bien non, même côté espagnol, ça grimpe à n’en plus finir ! De quoi vous dégouter à jamais des Pyrénées. Enfin, on vous épargnera les détails physiques, on vous laisse imaginer la souffrance et l’abattement quand un énième col se profilait. Combien de fois nous sommes nous dit « allez, celui-ci c’est le dernier ! ». A s’en arracher les poils de casque (oui, car nous sommes des garçons prudents, nous portons nos casques !).
Les meilleures choses comme les pires ayant une fin, nous avons enfin rejoint les routes plates catalanes,
laissant ces sales montagnes derrière nous. Et comme nous sommes très courageux, on s’est même farci 30 bornes supplémentaires pour trouver un coin sympa pour planter la tente !
Nous parlions de notre joie de retrouver les routes catalanes ? Ce matin, leur charme agit nettement moins. Cette campagne offre un visage plutôt tristounet et monotone, ce qui rend les premiers kilomètres désagréables. Et comme on ne change pas une recette qui marche, pour chauffer les machines que nous sommes, rien de tel qu’un café et une viennoiserie demandés in espanol por favor ! Les jambes ont nettement mieux fonctionné après ce petit remontant. Et il valait mieux qu’elles fonctionnent car nous nous sommes aventurés sur une voie rapide pour quelques kilomètres. Frissons et sensations au rendez-vous !
Après ce coup de speed, pause déjeuner bien méritée au bord de la mer dans la station balnéaire de Palamos. Sous
ce soleil, on se croirait presque en été.
C’est après cette pause que les hostilités ont commencé. Nous avions repéré sur la carte quelques grimpettes en
perspective pour l’après midi, rien de bien méchant. Pauvres naïfs que nous étions ! Après des débuts en douceur, le parcours a montré son vrai visage : des côtes vertigineuses
comparables à celles de la veille (les Pyrénées on vous rappelle !). La route panoramique est certes superbe, mais l’effort est plus qu’intense. Tiens, marrant, on repère des écritures sur
le sol : « Vamos Contador », « Come on Armstrong », « Bienvenido Tour 2009 »… Vous avez compris, nous nous sommes tout simplement farcis une étape du Tour de
France 2009 (après vérification, il s’agissait du Prologue), sans y être préparés psychologiquement. Et on s’en serait bien passé après notre ballade pyrénéenne de la veille. Epuisés, nous
décidons de décidons de nous arrêter pour la nuit à Tossa de Mar, après une étape de 85km, bien loin des 100 escomptés pour la journée, mais avec des images de maillot jaune dans la tête.
Ne reste plus qu’à boucler ce qu’on avait commencé, à savoir en terminer avec ces montagnes qui ont vu passer nos illustres collègues du Tour de France quelques mois plus tôt. Et de nuit s’il vous plait ! Etonnamment, ces 11km de grimpette matinale ont été expédiés si rapidement que nous avons assisté au lever du soleil non pas sur la jolie route de corniche qui nous en a tant fait baver, mais sur la beaucoup moins jolie zone industrielle qui a suivi.
La perspective du repos barcelonais nous donne des ailes en cette belle matinée. Les kilomètres filent à une
allure incroyable tout au long de la route côtière, et les cyclistes qui sont nombreux à pratiquer en ce lieu nous félicitent de notre allure, vu notre énorme chargement. Résultat, à 13h, nous
sommes en vue de la Sagrada Familia !
Mais c’eut été trop beau. La banlieue interminable de Barcelone mit fin à nos rêves de tapas en terrasse pour le
déjeuner. Et une fois arrivés devant la porte de l’appartement prêté par des amis du papa de David, nous nous sommes rendu compte qu’il était impossible d’ouvrir la porte. Et pour cause, la clé
n’était pas la bonne, ce qui obligea David à sauter dans un taxi (en vélo, et puis quoi encore ?!) pour récupérer les bonnes clés chez une cousine du propriétaire de l’appart.
Mais la joie d’être enfin arrivés à Barcelone, la perspective de quelques jours de repos bien mérités, et le
plaisir de retrouver Mathilde et Simon (pour les ignorants, la sœur de David et son copain), nous ont vite fait oublier ces quelques tracas.
Allez, en bonus track, une petite vidéo pour se faire pardonner d'avoir mis autant de temps à donner des nouvelles. Et si vous voulez voir plus de photos, c'est ici que ça passe !
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