Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 16:26

 

 

Du vélo, du vélo. Oui chers lecteurs, vous en aurez de la bicyclette dans les lignes qui suivent, n’ayez crainte. Mais auparavant, il faut bien finir ce que l’on a (certes indignement) commencé, à savoir prendre le bus pour se rendre en Argentine. Pour admirer les œuvres de celui qu’on surnomme désormais le Robert Doisneau de la pampa, c’est ici ! Et pour écouter une prestation radiophonique de haut vol, c’est ici !

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Prendre le bus en Amérique du Sud, c’est toujours une aventure. Si on multiplie le nombre de bus et les distances pour traverser 3 pays, on est susceptible de tomber dans le récit rocambolesque. Et c’est totalement ce qui nous est arrivé ! Retour sur 3 jours de voyage, plutôt éprouvants mais riches en souvenirs !

Pour rappel, notre programme prévu était le suivant : un bus entre La Paz et Santa Cruz (Bolivie), un autre entre Santa Cruz et Assuncion (Paraguay) et encore un autre entre Assuncion et Ciudad del Este (toujours au Paraguay, mais située à la frontière avec le Brésil et l’Argentine). Nous nous sommes donc pointés le 1er soir en gare de bus de La Paz, avec tout notre chargement habituel. Malheureusement, comme d’habitude, on nous a fait payer une facture plus que salée pour le transport des vélos. Rageant, mais pas trop le choix. Après nous être installés, le trajet s’est déroulé sans problèmes. Après 15 heures de route et à 60km de l’arrivée à Santa Cruz, le bus s’arrête. Que passa ? Un blocage, impossible d’avancer. Le chauffeur nous laisse entendre que cela pourrait durer la journée, voire la nuit. Après avoir attendu un petit peu sans voir la situation évoluer, nous décidons de sortir les vélos de la soute et de rallier Santa Cruz sur 2 roues, le barrage ne bloquant que les voitures et les bus. Le temps de tout déballer, nous changer, charger le tout et partir, nous avons pédalé 5 minutes, passé le barrage sans souci et… vu celui-ci se lever pour laisser les véhicules progresser ! Impossible de rattraper le bus, celui-ci étant déjà en mouvement. C’est alors que nous avons rencontré Victor, journaliste pour la TV bolivienne et venu faire un reportage sur le blocage. Intrigué par nos vélos, il s’est approché de nous, caméra et micro en main, et nous sommes fiers de dire que nous avons été interviewés par la TV bolivienne, in espanol por favor (nous avons demandé la vidéo de cette interview à Victor, pour l’instant nous n’avons pas reçu de réponse, promis si cela change, on publie ce grand moment de télévision) ! Profitant du fait que Victor possédait une jeep, nous l’avons convaincu de nous amener avec les vélos à la gare de bus de Santa Cruz.

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Et hop, mission accomplie, nous voici devant le comptoir de la compagnie en temps et en heure. Bien sûr, on nous demande de payer, mais il faut croire que nous avons progressé en négociation sud américaine car nous n’avons rien déboursé. Par contre, grande surprise en montant dans le bus : on nous avait promis un bus couchette grande classe pour un trajet aussi long, et on se retrouve entassés dans un véhicule datant au moins du temps des conquistadors ! En plus, la compagnie n’est pas celle indiquée sur notre billet. Le nom ? Jean Paul II, avec des grandes photos de l’ancien pape sur la carrosserie. C’est quand même beau la foi, mais pour éviter les accidents, on préfèrerait quelque chose d’un peu plus concret, une mécanique en état par exemple. Bref, nous sommes quand même partis, et jusqu’à 5h du matin, pas de souci. A partir de cette heure, le bus s’est brusquement arrêté, réveillant tous les passagers. Allez hop, tout le monde descend, décharge les bagages et regarde le bus partir. Et pendant 2 heures, on attend, sans poser de questions. Oui car le Bolivien est très patient. Finalement, on a compris qu’on était pas loin de la frontière, que le bus n’avait pas le droit d’aller plus loin et qu’il fallait attendre un autre bus. Une fois celui-ci arrivé, passagers et bagages chargés, nous avons pu repartir. Et ce, jusqu’aux nombreuses fois où tous les corps de sécurités paraguayens (police, service anti drogues, douane…) nous ont fait arrêter, descendre et fouiller. En tant que seuls Occidentaux, avec en plus 2 vélos, nous avons constitué des cibles privilégiées. Paranoguay ! Avec tous ces arrêts, c’est finalement à 1h du matin que nous avons atteint Assuncion, capitale du pays, pour atterrir au milieu du jardin d’une grande maison, propriété de la compagnie de bus. Sans trop comprendre ce qui se passait, nous avons tout de même saisi que notre bus pour Ciudad del Este ne partait que le lendemain. Après avoir quémandé quelque chose à manger, nous nous sommes retrouvés à dormir dans le bus immobilisé à côté d’autres passagers en transit. L’impression d’être dans un camp de réfugiés était omniprésente. Le lendemain, après avoir tiré le chef du lieu de son lit, on nous a mis 20$ dans la poche pour aller acheter un billet que nous avions déjà payé. Surréaliste !

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Nous avons donc pu embarquer pour notre 3e trajet, direction la frontière Paraguay-Brésil. Après un voyage relativement tranquille, le mythe s’est écroulé : il pleut au Brésil ! Nous qui pensions avoir des danseuses de samba en guise de bienvenue, raté, nada, walou ! Rejoindre le côté argentin du fleuve n’a pas été simple, et c’est finalement en taxi que nous avons atteint Puerto Iguazu, le tout sous des trombes d’eau, ravis d’en avoir terminé avec ces histoires de bus et impatients de voir ces chutes dont on nous a tant parlé.

Iguazu. Un nom exotique désignant les chutes d’eau reconnues comme parmi les plus belles du monde. Un côté appartient à l’Argentine, l’autre au Brésil. Ayant établi notre camp de base à Puerto Iguazu, donc côté argentin, nous avons décidé de rester 2 jours afin de profiter des chutes d’un côté comme de l’autre, les formalités pour passer d’un pays à l’autre étant réduites au minimum afin de favoriser le flux touristique.

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Nous avons commencé par le côté argentin des chutes. Malgré un nombre de touristes important, le site est assez grand et suffisamment bien fait pour éviter l’effet foule. Quelle claque lorsque nous nous sommes approchés des chutes : des cascades à perte de vue, des tonnes d’eau se fracassant sur la roche dans un bruit assourdissant, le tout dans un décor de forêt vierge assez préservé. Et sous le soleil pour ne rien gâcher. Un spectacle plus que grandiose. Nous avons eu quelques contacts avec la faune locale, à commencer par les koatis, sortes de ratons laveurs à long nez, attirés par les poubelles. Appétissant ! Nous avons également eu la chance (ou le malheur selon le point de vue) d’apercevoir 2 énormes tarentules sur les sentiers que nous avons empruntés. Miam !

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Le côté argentin des chutes nous ayant largement donné satisfaction, c’est plutôt curieux de voir la différence que nous nous sommes rendus côté brésilien le lendemain. En arrivant, on se serait cru à Disneyland vu les interminables files d’attente. Ne manquaient plus que les panneaux « 10min d’attente à partir de ce point ». Sans compter les innombrables boutiques souvenirs  et autres attrape-touristes. On a clairement pu voir la volonté de développer un tourisme de masse chez les Brésiliens, l’accent étant plutôt mis sur la conservation et l’écologie côté argentin. On vous laisse deviner l’aspect que l’on préfère ! Cependant, le côté brésilien offre un panorama des chutes bien différent de son voisin d’en face, et tout aussi impressionnant. Nous n’avons donc pas regretté d’avoir été faire un tour des 2 côtés des chutes d’Iguazu. En rentrant pas mal de préparation nous attendait, car le lendemain, on remonte sur les vélos !

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Cette fois, ça y est. Après un mois passé en Amérique du Sud et un nombre incalculable (bon OK, c’est calculable, mais on la flemme) de galères liées au bus, nous reprenons enfin le vélo. Après avoir mis un moment à décoller (forcément, on a perdu l’habitude de toute cette préparation), nous nous sommes mis joyeusement en route sous un ciel dégagé de tout nuage. Il y a pire comme conditions de reprise. Etant conscients qu’un mois de coupure sportive c’est long, nous ne nous sommes pas mis de pression au départ de Puerto Iguazu sur le nombre de kilomètres à faire. Devise du jour : « on verra où et quand on arrivera ».

On nous avait prévenu que la route que l’on emprunterait serait très vallonnée, et on ne nous avait pas menti. Pas une once de plat, des montées et des descentes qui s’enchaînent à n’en plus finir. Au fur et à mesure que la matinée avance, la température augmente, ce qui ne facilite pas notre progression. La chaleur est un composant à gérer auquel nous sommes confrontés pour la première fois. En parlant de ça, on en oubliait le plus important : nous avons sorti shorts et cuissards courts pour la première fois depuis notre départ de Paris. Youpi ! Bon, on ne va pas se plaindre, on préfère largement ça au climat que l’on a eu jusqu’à présent. Seulement les litres d’eau que nous ingurgitons peinent à compenser ceux de transpiration évacués par l’effort. Après avoir déjeuné et siesté à l’ombre d’une station service désaffecté pour laisser passer les heures les plus chaudes de la journée, nous sommes repartis dans les montagnes russes, ou plutôt argentines. Les montées deviennent de plus en plus raides et le fait de savoir pertinemment ce qui va suivre tellement le relief est répétitif, rendrait cinglé n’importe qui. Mais le plaisir d’être à nouveau sur le vélo rattrape un petit peu. Après avoir tout de même effectué 70km, nous décidons de nous arrêter dans une sorte de bar au bout de la route pour se rafraichir et chercher un endroit où dormir. Les patrons très sympas du garage d’à côté nous autorisent à planter la tente à côté de leur échoppe. C’est donc fourbus mais satisfaits que nous avons bouclé cette étape de reprise.

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Le lendemain, c’est sans grand enthousiasme que nous nous sommes levés. La raison ? La perspective d’une journée complète de montées descentes. Hallucinant ce relief tout en vallons. Et dès le chargement, 1er problème : la béquille (oui ça faisait longtemps) d’un des vélos a cassé net. Nous nous sommes donc arrêtés après 10km dans un petit magasin, où un artisan argentin a fait une réparation de fortune. La matinée se passe tout en douleur. Les longues descentes ne suffisent pas à compenser les épuisantes montées. Et le pire, c’est que nous savons que ce rythme va continuer pendant au moins 200km. Notre santé physique comme mentale sont donc mises à rude épreuve.

Et ce qui devait arriver arriva. Après le déjeuner, la montée de trop, le coup de chaleur, David s’écroule incapable de se relever ni de bouger. 1 mois sans vélo ça laisse visiblement des traces. N’étant plus en état de continuer, nous décidons de faire du stop pour qu’un véhicule nous emmène à Posadas, la ville à 200km, où ce relief infernal est censé se terminer pour laisser place à un plat salvateur. C’est finalement un bus qui s’est arrêté et qui nous a déposé à Posadas bien après la tombée de la nuit. Plus question de camper, il faut casser la tirelire et se payer l’hôtel. Après avoir bien tourné dans la ville, nous échouons finalement dans un petit hôtel sans charme. Epuisés et abattus par cette journée éprouvante, nous espérons des jours meilleurs.

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Un choix s’est ensuite offert à nous concernant l’itinéraire : doubler le nombre de kilomètres mais rouler sur du plat ou faire 40 km de montées descentes. Frustrés par l’abandon anticipé de la veille, nous décidons de nous rattraper en optant pour la 2ème solution. Et c’est reparti pour ce relief de dingue ! Au moment de faire nos courses, les patrons de la superette, impressionnés par nos vélos, entament une discussion qui s’est terminée en longue séance photo. Sympathique.

Nos jambes s’habituent petit à petit, les montées passent de mieux en mieux, même si l’enchaînement est toujours aussi usant. Après le déjeuner, il n’était censé nous rester que 10km avant le plat. Cette distance avalée, point de plat ! On nous aurait donc menti ?! Et pour corser un peu plus la chose, le vent et la pluie sont rentrés dans la partie. C’est trempés comme des soupes que nous décidons de frapper à la porte d’une maison pour demander l’autorisation de camper dans leur jardin. Bonne pioche. Non seulement ils ont accepté, mais cette gentille famille s’est attachée à nous faire découvrir certains côtés de la vie rurale argentine : cérémonie du maté (boisson chaude à base de plante que l’on boit dans un seul et unique verre qui passe de main en main) et chasse au tatou en pleine nuit dans la forêt. Que nos lecteurs défenseurs des animaux se rassurent, la chasse fut infructueuse. Et c’est autour d’un bon repas que nous avons conclu cette journée. C’est beau les rencontres fortuites !

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En partant, nos charmants hôtes argentins chasseurs de tatou nous avaient assuré que la côte menant à leur maison était la dernière. Alors, soit les Argentins ont un problème d’appréciation du relief, soit ils prennent un malin plaisir à raconter n’importe quoi aux étrangers de passage. Les « on monte, on descend » ont continué de plus belle. Le fait de croiser un camionneur qui a réellement pris son pied en nous annonçant que ça allait rester comme ça pour les 80km à venir, n’a pas contribué à nous mettre de bonne humeur. Mais à toute chose, malheur est bon : l’orage de la veille a laissé place à un ciel des plus purs, et les paysages que nous traversons se rapprochent de plus en plus de l’idée que nous nous faisions de la nature argentine. Nous profitons de notre passage dans une ville pour nous arrêter dans un cybercafé, histoire de donner un peu de nouvelles. En quelques minutes, nos vélos provoquent un petit attroupement de jeunes, visiblement passionnés de cyclisme et avec qui nous discutons bécanes pendant un petit moment.

Après avoir déjeuné près d’une mare aux canards, nous sommes repartis le ventre plein et l’esprit léger, car il n’y a pas à dire, pédaler dans ce cadre, ça fait vraiment plaisir. Et croiser quelques animaux en Argentine, comme par exemple des nandous (petites autruches), ça n’est pas donné à tout le monde. Nous avons bouclé cette étape en campant dans les hautes herbes, pas très loin du Rio Uruguay, fleuve que nous allons désormais suivre pour un petit bout de temps.

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Après avoir livré une guerre sans merci contre les infâmes moustiques pullulant dans l’endroit où nous avions monté la tente, nous avons réussi l’exploit d’être parés au lever du soleil : 7h sur les vélos. Avantage appréciable : on roule à la fraîche ! Toute la matinée, nous avons pu être en contact avec le néant argentin : rien ni personne pendant des dizaines de kilomètres. La route s’étend à travers des paysages de champs aux hautes herbes, à perte de vue. Seuls quelques jolis oiseaux viennent troubler une monotonie toute propice à la rêverie et à la cogitation. Dans une sorte de torpeur, nous pédalons, et il a fallut un chien errant en voulant visiblement à nos mollets pour accélérer un peu l’allure et donner du tonus à 2 cyclistes endormis. Au milieu de la matinée, des gens à côté d’une voiture (ou plutôt d’une caisse à savon à 4 roues) stationnée sur le bas côté, nous font signe de nous arrêter et nous demandent de les aider à pousser le véhicule pour redémarrer. Comme si on ne faisait pas assez de sport ! Enfin bon, il faut bien muscler un peu le haut du corps histoire de ne pas être totalement difformes au retour. Peu après, nous croisons un vieux cyclotouriste allemand revenant d’Ushuaia et de la Terre de Feu, soit à environ 5000km. La santé papy !

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Bon, le néant c’est sympa, mais pour trouver à manger il y a mieux : pas une station service en 60km. Une dame dans une des rares maisons nous informe de l’absence de tout magasin avant la ville, à 25km de là, soit une matinée à plus de 85km. Pas mal. Elle nous apporte une assiette de charcuterie que nous dévorons, ravis de la générosité argentine. Raté, elle nous demande de payer. Certes, rien n’est gratuit dans la vie, mais quand même, on ne s’y attendait pas. La route jusqu’à la ville se passe relativement bien. A noter, notre rencontre avec un énorme serpent noir. On ne s’est pas arrêté pour vérifier s’il était venimeux. Enfin, la civilisation ! Mais c’est dimanche et tout est fermé. Heureusement, nous avons croisé Nestor, un vieil argentin sur son scooter, qui nous a amené dans une petite boutique où nous avons pu acheter de quoi nous restaurer. Et nous sommes allés casser la croûte devant chez Nestor, où nous sommes restés un moment à discuter. Après une bonne étape de 100km, nous avons planté la tente dans le jardin d’une gentille dame, au milieu des vaches et des moutons. Vive la campagne !

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Après la longue étape de la veille, nous aspirions à un repos bien mérité. Raté. En pleine nuit, un énorme orage nous a fait craindre un rapatriement d’urgence dans la maison d’à côté, mais nous avons visiblement investi dans du bon matériel, puisque la tente a tenu et nous n’avons même pas été mouillés ! Après une tempête de la sorte, la logique aurait voulu qu’un ciel limpide nous attende au réveil. Reraté ! C’est sous la pluie que nous avons entamé cette journée. Pas très agréable. Les nombreux camions que nous croisons semblent compatir. Heureusement, ce sale temps n’a pas duré et le soleil a repris sa juste place dans le ciel argentin. Nous progressons relativement vite sur cette route désespérément droite et sans aucune végétation dépassant le mètre de hauteur. Petit problème quand on cherche de l’ombre pour le déjeuner. Devoir faire des bornes pour trouver un malheureux arbre, quand même ! L’après midi se déroula sans péripéties notables et c’est après avoir roulé 96km que nous avons installé le campement en pleine forêt, en espérant que les cieux nous laissent tranquilles cette nuit.

Ha les réveils au petit matin dans la forêt, les bruits des animaux, la rosée fraîche et… la tête dans le guidon ! Oui, car on dort plutôt mal en ce moment malgré l’effort physique, la faute à une humidité ambiante assez importante. C’est donc un peu dans le cirage que nous avons pris la route. Au milieu de la matinée, nous décidons de nous arrêter dans un village répondant au nom de Bompland, ça ne s’invente pas. Les habitants de ce lieu, quoique très gentils, avaient tous (enfin ceux que nous avons croisé) une araignée au plafond. Entre le petit vieux qui voulait absolument qu’on prenne une route en pleine forêt pour éviter les dangers de la route principale (danger quasi inexistant tant le nombre de véhicules rencontrés est faible) ou le gars marmonnant et jurant tout seul et sans aucune raison, on a été servis ! Plus tard, dans une station service, nous avons joué les mascottes pour les passagers d’un bus qui se trouvait là, impressionnés par nos vélos.

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Après une autre grosse étape de pas loin de 100km, nous pensions avoir trouvé le lieu idéal pour camper : au bord d’un étang, dans une belle prairie bien verte. Certes, dans une propriété privée, mais avec une barrière ouverte. Nous nous installons tranquillement et allions commencer à préparer à manger, quand un homme à cheval est arrivé, au soleil couchant (ça faisait très western !). Il nous demande de partir vu qu’il s’agit d’une propriété privée et qu’il risque d’avoir des problèmes si son patron apprend qu’on a campé sur son terrain. Nous essayons de négocier, la nuit étant entrain de tomber. Le gars, sympa mais dépassé, arrête une voiture de police pour trancher. On ne sait pas si tous les policiers argentins sont comme ça, mais celui-ci était sacrément borné. Malgré nos explications et autres suppliques, rien n’y a fait, privé c’est privé, peu importe qu’on ne salisse rien et qu’on décampe au petit matin. C’est donc de l’autre côté de la barrière, pas loin de la route, que nous avons déplacé le campement. Nettement moins sympa, mais bon, des lieux de camping magiques il y en aura d’autres !

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Peu après la tombée de la nuit, nous avons pu vérifier que la corruption au sein de la police argentine contre laquelle on nous avait mis en garde, n’était pas une légende. Une bagnole de flics a débarqué près de notre campement. Un des 2 policiers nous demande ce qu’on fait là, l’explication semble le satisfaire. Mais au moment de partir, il nous dit simplement que l’endroit est très dangereux et que pour notre « protection », ce serait bien que l’on mette la main à la poche. L’action aurait très bien pu se situer en Sicile ou à Naples ! Comment on s’en sort dans ces cas là ? En jouant aux Français pas doués pour les langues et ne comprenant rien ou pas grand-chose en espagnol. Lassé de répéter sa phrase, le racketeur, euh , policier, est parti sans demander son reste .Cool pour terminer la journée !

Ce matin, notre corps a dit stop. 9 jours de vélo d’affilée c’était peut être un peu beaucoup. Et après 30km, de grosses douleurs dans les jambes nous ont obligé à nous arrêter, ne voulant pas aggraver la situation. Comment s’en sortir en plein soleil, sur une route au milieu de nulle part ? Grâce à notre sauveur argentin, prénommé Luis, ingénieur agronome visitant les estancias (propriétés argentines) des alentours. C’est dans sa voiture que nous avons chargé les vélos et qu’il nous a amené dans la ville la plus proche, Monte Casero, en face de l’Uruguay. Et il ne s’est pas contenté de ça. Arrivés dans un hôtel, il a tenu nous payer la chambre, nous a emmené nous balader dans le coin et nous a même invité à dîner ! Comment on appelle quelqu’un de plus que sympa ? Pas forcément de terme à la hauteur, mais il y a des gens à qui on aimerait rendre la pareille s’ils viennent en France !

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Après avoir pleinement profité des joies du confort moderne (lit et douche), nous avons rassemblé nos affaires et sommes partis direction la gare de bus de Monte Casero. Voulant privilégier le repos, nous avons décidé d’arriver au plus vite à Salto, en Uruguay, pour pouvoir remettre nos jambes en état. Après un trajet sans histoires, nous sommes descendus à Concordia, la ville frontière côté argentin. Petit problème, le point de passage en Uruguay n’est pas tout prêt. Allez hop, on oublie les douleurs, on enfourche les vélos et c’est parti. Arrivés au poste frontière, les douaniers nous annoncent que le passage sur le pont reliant l’Argentine à l’Uruguay est interdit aux engins non motorisés, par sécurité ! On a pas bien compris pourquoi, mais pas trop le choix. Nous avons donc été embarqués dans un camion pour le passage de ce pont. Marrant. Côté uruguayen, nous avons dit au revoir à notre gentil camionneur et sommes partis direction Salto. La non plus, ce n’est pas tout prêt. C’est donc en partie de nuit que nous avons roulé pour rejoindre cette ville à l’aspect très européen, où nous allons nous poser quelques jours pour souffler.

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Salto. Ville plus que tranquille, cité thermale sans beaucoup d’agitation. Parfait pour reposer des jambes fatiguées. Et que fait on dans une ville thermale ? On va aux thermes ! Qui a dit que c’était pour les séniors ? Bon, effectivement, le 3e âge était bien représenté, mais il y avait quand même quelques jeunes ! Entre détente dans les piscines, siestes sur les transats et massages grâce aux jets d’eau, on a connu pire ! Bref, 2 jours off pour recharger les batteries, histoire de repartir du bon pied pour notre escapade cycliste uruguayenne.

La distance séparant les villes de Salto et Paysandu s’élevant à 120km, nous avons préféré couper cette étape en 2 petites, pour une reprise en douceur. Nous avons donc pu prendre notre temps au départ de Salto et nous mettre tranquillement en route. C’est dimanche et visiblement un bon nombre d’Uruguayens aime sortir à vélo ce jour là, puisque nous croisons beaucoup de collègues cyclistes qui ne manquent pas de nous encourager. Sympa. Le temps est plutôt gris, mais ceci a pour avantage de maintenir la température à un niveau plus que supportable. Sur une route très vallonnée, nous pouvons contempler des paysages insolites, où une végétation de conifères se dresse à côté de palmiers. Original. Après une bonne pause déjeuner et notre traditionnelle sieste digestive, nous sommes repartis, mais pas pour bien longtemps. Aux abords des termes de Guaviyu, nous sentons l’appel des bains. Après tout, nous ne sommes pas pressés aujourd’hui. C’est comme ça que nous avons fini dans la piscine d’un camping rempli d’Uruguayens en vacances. La Côte d’Azur en plein mois d’août ! Sociologiquement intéressant et très reposant pour les jambes.

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L’avantage des étapes raccourcies, c’est qu’on peut prendre son temps le matin. Nous avons donc décollé très tranquillement de notre camping pour pédaler sans incident et sous le soleil tout la matinée. L’après midi se déroula dans des conditions similaires. A noter qu’à notre passage, une voiture s’est arrêtée de laquelle est sorti un Mexicain voulant des infos sur notre voyage car il rêvait de faire un tour du monde à vélo. Rigolo. Arrivés en fin d’après midi dans la ville de Paysandu, nous avons formidablement été reçus par Gustavo et sa famille, amis du parrain de PE. Non seulement il nous a fait profiter des bons côtés de la vie uruguayenne (barbecue géant, bon vin, visite de la ville et escale sur son bateau), mais il a également organisé une longue interview accompagnée d’une séance photo pour un magazine local ! En plus d’être des stars en devenir en Uruguay, nous sommes accueillis comme des rois. Génial !

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Malgré les vacances, Gustavo, sa femme et son fils Federico se sont levés pour nous dire au revoir. Après quelques photos et de nombreux remerciements, nous sommes partis. Federico fait des études d’ingénierie civile, et vu l’état de la route en sortie de Paysandu, on est à peu près surs qu’il trouvera du boulot une fois diplômé ! Il y a des fois où on se demande quel genre de véhicule peut causer de tels dommages à la chaussée. Vu la taille des trous, on ferait mieux de parler de nids d’autruche plutôt que de nids de poule ! Malgré ça, nous progressons vite et le fait de rouler sur une route certes mauvaise mais très peu fréquentée et serpentant dans des paysages très variés, rend l’étape agréable. Après avoir bouclé une grosse étape de 102 km, nous avons demandé et obtenu l’autorisation de planter la tente à l’entrée d’une grande et belle propriété agricole. Les patrons, vraiment adorables, nous ont offert du lait tiré l’après midi même, et nous ont même offert de dîner avec leurs employés. Ils sont bien ces Uruguayens !

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La veille, les gentils propriétaires de l’exploitation nous avait invités à prendre le petit déjeuner en leur compagnie. Nous nous sommes donc rendus dans leur belle maison où, en plus de nous faire déguster des produits frais de la ferme, nous avons eu droit à une visite complète des installations. Impressionnant ! Nous sommes donc partis assez tard, et vu le nombre de kilomètres, il a fallut activer un peu. Nos jambes ont l’air d’avoir repris le rythme, puisque notre moyenne n’a jamais été aussi élevée. Après 110km pédalés à une allure soutenue, nous sommes arrivés à Nueva Palmira, où Juan Pablo et sa femme nous attendaient. Visite de la ville et restau ont conclu une bonne journée.

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Après une nuit trop courte, nous sommes partis pour notre dernière journée de vélo avant la pause, prévue dans la ville de Colonia. Une journée chargée, puisqu’un programme culturel et naturel nous attendait sur la route, à commencer par Punta Gorda, à 5km de Nueva Palmira, lieu de rencontres des fleuves Rio Parana et Rio Uruguay, pour former le Rio de la Plata. Embouchure impressionnante et lieu très tranquille, surtout lorsqu’on s’y rend au petit matin. En fin de matinée, nous nous sommes détournés de 8km de notre route pour aller visiter les ruines d’une vieille mission jésuite. Si les ruines en elles mêmes ne présentèrent finalement pas grand intérêt, ce détour nous fournit l’occasion de vérifier une fois de plus la générosité des Uruguayens, puisqu’un couple rencontré sur place nous a offert spontanément un gros sac de pommes. Ca fait chaud au cœur des gens comme ça ! Après notre pique nique et notre sieste nous sommes repartis affronter la route très vallonnée de cette région de l’Uruguay. Voulant rendre hommage à son parrain en visitant le petit village dont une rue porte son nom, PE se détourna une nouvelle fois de la route, tandis que David continua sur Colonia. Après quelques heures de pédalage en solo, nous nous sommes finalement retrouvés pour malheureusement constater que la distance restant à parcourir était trop importante pour terminer avant la nuit (merci les détours !). Heureusement, un gentil chauffeur de camion a accepté de nous embarquer et nous sommes finalement arrivés dans cette ville de Colonia. Notre lieu d’hébergement ? Assez original, puisqu’il s’agit d’une caserne militaire ! Plutôt amusant.

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Cette pause d’une journée à Colonia nous a permis de découvrir une cité uruguayenne tout à fait charmante avec ses rues piétonnes pavées et son petit port, mais remplie de touristes ! Ca nous a fait un peu bizarre de croiser tout ce monde après plusieurs jours dans la campagne. Et pour visiter la ville, quoi de mieux qu’un local pour guide ? C’est Humberto, ami du parrain de PE, qui nous a fait découvrir les charmes de Colonia et nous a invité à dîner en compagnie de sa femme dans un restaurant typique. C’est également Humberto qui nous a convaincu de cheinter une étape de vélo pour arriver un jour plus tôt à Montevideo, afin d’assister aux festivités marquant la fin de la Semaine Sainte. Nous aurons donc un programme cyclo motorisé pour le lendemain.

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Après une séance photo rigolote au milieu des militaires uruguayens, nous nous sommes mis en route pour effectuer l’étape de 60km séparant Colonia de Colonia Valdense, lieu où nous devions nous rendre pour prendre un bus direction Montevideo. 60 bornes, une broutille ! Les conditions climatiques jusque là parfaites ont corsé un peu la chose. Le vent a décidé de se rappeler à notre bon souvenir. Et en Uruguay comme ailleurs, c’est toujours de face qu’il décide de souffler. Si on ajoute à ça un relief assez important, on obtient un trajet faible en kilomètres mais au combien usant ! Nous sommes finalement arrivés à Colonia Valdense sur les coups de midi et avons pris le temps de souffler et déjeuner tranquillement, notre bus ne partant qu’à 15h. Une dame entame la discussion, intriguée par nos vélos. Elle nous informe qu’elle est journaliste pour un canard local et nous demande de réaliser une interview. La médiatisation uruguayenne bat son plein, nous allons vraiment devenir célèbres dans ce pays ! Plus tard, dans le bus, nous faisons la connaissance de Lucia, architecte ayant fait ses études au lycée français de Montevideo, qui voulait visiblement pratiquer un peu la langue de Molière. Une fois arrivés dans la capitale uruguayenne, nous avons récupéré les clés et pris nos quartiers dans l’appartement superbement situé face au Rio de la Plata, généreusement mis à notre disposition par le parrain de PE. Cela constituera un excellent camp de base pour les quelques jours que nous passerons à Montevideo, pour conclure en beauté cette escapade en Uruguay.

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Et comment ne pas terminer cet article par ce que vous attendez tous : vos 2 narrateurs entrain de faire les guignols devant la caméra ! 

 

A bientôt !

 

 

Par raconte moi ton pays
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