Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 07:01

 

Ah, revoilà les 2 zigotos ! Auraient-ils enfin commencé leurs chinoiseries ? Mais tout à fait messieurs dames. Comme vous allez pouvoir le lire dans quelques instants, nous avons entamé notre aventure en terre asiatique. De l’incongruité ? Des surprises ? Hé bien constatez par vous-même !

Pour remplir vos oreilles du merveilleux son de la dernière intervention de la saison (que de rimes en on) sur France Inter, c’est ici. Le journal lyonnais Le Progrès a publié un article sur le projet que vous pourrez retrouver ici. Et pour les photos, c’est ici.

Hong-Kong---Hanoi 3356

L’Australie nous a déçus, vous l’aurez compris. Et les derniers moments passés dans ce pays ne vont pas redorer son blason. Nous sommes arrivés très en avance à l’aéroport de Brisbane, après un trajet en métro plutôt rigolo. Sur place, nous avons procédé au traditionnel mais toujours aussi long empaquetage de nos affaires, puis nous nous sommes pointés au comptoir d’enregistrement. Après avoir pesé notre bardas et alors que ça n’avait posé aucun problème précédemment, le bonhomme nous annonce un surpoids sur l’un de nos sacs. Allez hop, on défait, on refait et on recommence. Ha bah non, on n’a visiblement droit qu’à 23 kg par personne (contre 2x23kg normalement). Renégociation, finalement ça passe et on peut embarquer. Ouf !

Hong-Kong---Hanoi 3349

Après un vol sans histoires au cours duquel nous n’avons pas beaucoup dormi (trop de films !), nous voici enfin à Hong Kong. Une fois notre matos récupéré et les services d’immigration passés, notre première mission se présente à nous : prendre le métro de l’aéroport jusqu’à la ville. Sur le quai, alors que nous nous apprêtons à monter dans le train, l’employé de la compagnie de transport nous demande d’enlever la roue avant de nos vélos. Nous avons beau expliquer que nous devons transporter nos bagages sur le vélo, que si nous enlevons la roue ce sera impossible, et surtout que cela prendra beaucoup plus de place donc que ça nous arrange autant que lui, rien n’y fait : le règlement c’est le règlement. Après discussion et appel au chef, nous avons pu monter à bord avec nos vélos non démontés. Re ouf !

Hong-Kong---Hanoi 3350

Tout le monde nous avait conseillé pour nous loger les Chungkin Mansions de Kowloon (l’île en face de Hong Kong), grand immeuble rassemblant un nombre impressionnant de pensions à bas prix. C’est donc là que nous nous sommes rendus. Nous nous sommes retrouvés devant un gros bâtiment à l’aspect peu engageant et aux innombrables ascenseurs surpeuplés et lents au possible (vous avez déjà dû faire la queue pour monter dans un ascenseur ?). Après avoir visité quelques guest houses (les pensions) et opéré notre choix en fonction du prix et de la place dans la chambre pour caser nos vélos, nous avons dû nous attaquer au délicat transfert de nos affaires depuis le rez de chaussée jusqu’à notre au chambre. Ou comment se taper 11 étages à pied avec le vélo sur le dos par 35°C de température et avec un taux d’humidité avoisinant les 90%. C’était pas si dur que ça les Andes finalement !

Hong-Kong---Hanoi 3372

Enfin installés, nous avons pu nous plonger dans les méandres de cette ville si envoûtante qu’est Hong Kong. Mélange fascinant de modernisme avec ses immenses buildings, ses centres commerciaux surclimatisés et ses enseignes occidentales, et de tradition avec ses marchés alimentaires, ses échoppes typiques et ses cantines bondées.

Hong-Kong---Hanoi 3457

Nous nous sommes d’abord rendus au Peak, superbe point de vue dominant tout Hong Kong, auquel on accède grâce à un funiculaire défiant les lois de la gravité. Nous avons a priori eu de la chance, la brume étant dissipée lorsque nous y étions (très rare en journée). Malgré le peu de temps sur place, nous avons eu l’impression d’avoir bien sillonné Hong Kong : marche dans des parcs, panoramas depuis des terrasses de gratte-ciels, petits marchés typiques, spectacle son et lumière impressionnant projeté sur les plus hauts immeubles de la ville, sans oublier notre apprentissage de la gastronomie chinoise. A ce propos, nous avons développé une technique quant au choix des restaurants : il y a des Occidentaux, on va ailleurs. C’est grâce à cette méthode que nous nous sommes retrouvés dans des petites échoppes remplies de Chinois pour déguster des plats choisis au hasard. Bienvenue en Asie ! N’oubliant pas notre fibre patriotique, nous avons gardé une soirée de libre pour assister à l’élimination pathétique de l’équipe de France de football.

Hong-Kong---Hanoi 3580

Nous avons énormément apprécié Hong Kong, mais malheureusement, impossible de nous y attarder plus longtemps. Nous avons donc pris un bateau direction Zhuhai, ville chinoise située à 2 pas de Macao. L’objectif : déposer nos vélos dans une chambre d’hôtel et filer prendre un bus pour Guangzhou, afin de rendre visite à des ex-collègues de PE. Guangzhou ? Le nom ne vous dit rien ? Et si on l’appelle Canton, ça vous parle déjà plus ?  Ah quand même ! Dans cette ville immense (nous avons mis une heure entre l’entrée et le centre de la ville), nous avons tout de suite été happés dans cette atmosphère suffocante (chaleur, humidité et pollution ne font pas bon ménage) et où le flot de personnes semble sans fin. Pas de doute, nous sommes vraiment en Chine. Après avoir bien galéré, nous avons retrouvé Stacy, la copine américaine de Fabien (l’ex-collègue de PE) qui nous a gentiment servi de guide pour ce premier après-midi sur Canton, occupé principalement par un verre pour laisser passer les énormes averses qui sévissent en cette saison. Ca aussi, ça risque d’être drôle lorsque nous serons en selle. Nous sommes ensuite allés dîner en compagnie de Fabien et Julia (l’autre ex-collègue), avec qui nous avons passé un très bon moment avant de rentrer dormir chez Fabien et Stacy. Le lendemain, c’est Fabien qui s’est coltiné le rôle de guide. Sous une chaleur accablante et l’impression permanente de se liquéfier sur place, nous avons pu avoir un bon aperçu des principales curiosités locales : temples, parcs et surtout la fameuse statue représentant 5 chèvres (non, ils n’ont pas statufié 5 joueurs de l’équipe de France), le symbole de la ville. Hôte des jeux asiatiques 2010, Canton est un chantier à ciel ouvert. Du bruit, de la poussière, de la chaleur, pas très agréable. Les pauses fraîcheur (particulièrement dans le métro) sont les bienvenues. Très contents de cette visite-éclair, nous sommes repartis sur Zhuhai et avons eu la satisfaction de retrouver notre chambre dans l’état dans lequel nous l’avions laissée. Préparation des affaires pour terminer et c’est parti pour le vélo en Asie.

Hong-Kong---Hanoi 3855

Allez, hop, on reprend le vélo et on commence à pédaler sur notre 5e continent. Si on regarde un planisphère, on peut également considérer que nous sommes sur le chemin du retour. Avec tout ça en tête, nous avons quitté notre chambre d’hôtel et nous sommes élancés dans la jungle de la circulation en Chine. Un bazar (pour être poli) indescriptible : des véhicules à 2, 3 ou 4 roues se croisant et se dépassant dans un vacarme assourdissant, de la poussière en permanence et une chaleur suffocante. On voulait du dépaysement, on est servis. Elles sont bien loin les petites routes proprettes australiennes. Réussissant petit à petit à nous imposer au milieu de cet énorme désordre ambulant nous regoûtons aux joies de la mousson, sauf que cette fois, on roule ! Plonger dans une piscine nous aurait mis dans le même état, mais l’avantage c’est qu’on ne grelotte pas avec cette chaleur. Après cette matinée toute mouillée, nous avons accueilli la pause déjeuner avec bonheur. C’est dans la ville de Doumen que nous nous sommes arrêtés pour casser la croute, dans un restaurant où, encore une fois, la technique du « je montre l’assiette du voisin parce que je ne comprends rien au menu » a très bien fonctionné. Ah les prix chinois ! Manger pour moins de 2€, quel bonheur ! Le ventre plein, nous nous apprêtions à repartir quand un client du restaurant désigne le pneu arrière de David. Nouvelle crevaison, flûte alors. Et devant une assemblée de Chinois ne ratant aucun de nos gestes, nous avons changé l’objet du délit. Du grand spectacle. Nous avons une fois de plus constaté l’impossibilité de communiquer avec les locaux. Aucun vocabulaire en commun, la barrière totale de la langue. Certains Chinois croient qu’on comprendra mieux s’ils écrivent ce qu’ils veulent dire sur un bout de papier. Les idéogrammes et nous, ça fait 2, on n’est pas bien avancés !

Hong-Kong---Hanoi 3982

Après être repartis et avoir roulé un petit moment, nous sommes dépassés par un scooter qui nous fait signe de nous arrêter. Surprise, c’est le gars du restaurant qui nous avait signalé la crevaison et qui nous a rattrapé pour nous offrir un gros sac de lichis. Très frustrant de ne pouvoir dire autre chose que « chéché » (merci). Par la suite, nous avons dû modifier notre itinéraire, la faute à une maudite autoroute, impraticable pour les vélos. Fatigués par cette journée de reprise, nous décidons d’écourter et de nous arrêter dans le premier bled sur notre route. Nous nous sommes mis en quête d’un hôtel, en essayant de trouver l’information auprès de la population locale. A grand renfort de gestes et surtout grâce à notre guide qui possède quelques mots-clés traduits en chinois, nous avons réussi à nous faire comprendre et l’on nous a escorté jusqu’à un superbe hôtel dans lequel nous nous sommes installés pour une bouchée de pain. Visiblement peu habituée à voir des étrangers, l’entière population de la ville (Gujing) nous dévisage comme des bêtes curieuses lorsque nous marchons dans la rue. En bref, une première journée à vélo pleine de découvertes et de curiosités. On espère que cela va continuer !

Hong-Kong---Hanoi 4039

Bien reposés par cette nuit passée dans cet hôtel de haut standing, nous sommes partis de bon matin, non sans avoir une nouvelle fois dû regonfler le pneu arrière de David, qui décidément nous enquiquine sérieusement (le pneu, pas David). La route commença par traverser des paysages représentatifs de l’idée qu’on peut se faire de la Chine : les rizières, le petit matin brumeux, le calme… Malheureusement, cela n’a pas duré et nous avons vite replongé dans l’anarchie urbaine chinoise. Le sens de la circulation important visiblement peu aux 2 roues chinois, nous avons dû apprendre à nous faire respecter sur la route, à grands coups de « bouya » (dégage) retentissants. Efficace ! Si le Chinois roule n’importe où, il roule aussi n’importe comment. David en a fait les frais lorsqu’une vieille Chinoise à vélo lui a littéralement fait une queue de poisson qui provoqua un petit choc entre les 2 machines. Rigolo une engueulade quand aucun des protagonistes ne comprend ce que dit l’autre. Mais la Chinoise n’est visiblement pas rancunière, puisque nous avons croisé la chauffarde un peu plus tard, et elle nous a gratifié de grands sourires et de paroles au ton plus aimable. Nous nous sommes arrêtés pour déjeuner dans un petit restau où le patron, ravi d’avoir des Occidentaux à sa table, ne nous a pas lâché du repas, détaillant le moindre de nos faits et gestes, nous proposant sans cesse plus de choses et riant à gorge déployée sans raison apparente. Pittoresque. A propos, nous avons un nouvel ami. Son nom : GPalémo. Un petit bouquin représentant à l’aide de dessins la plupart des choses de la vie courante. Très pratique quand tu veux éviter d’avoir à imiter la poule pour expliquer ce que tu veux manger.

DSC00541

En repartant, et comme dans toute bonne saison des pluies qui se respecte, nous avons pris une sacrée rincée. Ironie du sort, des affiches de publicité pour un fabricant de douche jalonnent notre parcours. Voyant que la pluie ne s’arrêtait pas et n’étant plus très loin de notre étape prévue, nous décidons de nous abriter près d’une concession automobile. Les vendeurs, visiblement désœuvrés, nous invitent à nous réfugier à l’intérieur. Et c’est comme ça que nous avons passé plus de 2 heures à essayer de communiquer, l’un d’entre eux parlant quelques bribes d’anglais. On notera que les Chinois ne semblent pas du tout gênés de poser des questions qui pourraient sembler très indiscrètes chez nous. Le sympathique vendeur de voitures, du nom de Vettel, nous ayant proposé de dîner ensemble, nous avons accepté avec plaisir et nous sommes d’abord rendus dans l’hôtel qu’il nous avait conseillé, encore une fois d’un standing assez élevé pour un prix qui ne l’était pas. Nous avons mis un temps fou à obtenir la chambre, la dame de la réception ne comprenant pas ce que nous voulions et ayant fait appel à tout le personnel de l’hôtel, ne parlant pas plus anglais qu’elle. Ou comment provoquer un attroupement  dans le hall et déclencher l’hilarité d’une dizaine de Chinois très amusés par nos tentatives d’explications. Après avoir enfin réussi à prendre possession de la chambre, nous avons rejoint Vettel qui nous a emmenés dîner dans un restau japonais et qui a tenu à payer la note en fin de repas. Nous qui pensions visiter la Chine en solo (enfin, en duo), sans contact avec la population à cause de la barrière de la langue, c’est heureusement raté. Encore tout émus, nous avons rejoint notre chambre, ravis de cette belle rencontre.

DSC00540

On va sérieusement se demander si les habitants de la province du Guangdong ont déjà vu un ciel bleu dans leur vie. La faute à une couche de pollution impressionnante rendant impossible la moindre percée du soleil. Nous nous sommes donc mis en route, en considérant qu’il faisait beau puisqu’il ne pleuvait pas. Au bout de quelques kilomètres, nous décidons de faire un détour pour visiter l’une des seules curiosités touristiques de la région : les villages autour de la ville de Kaïping, classés au patrimoine mondial par l’Unesco, notamment grâce aux diaolous, les tours de guet servant autrefois à protéger la population des brigands. Visiblement très populaires au vu du nombre de touristes chinois croisés sur place, ces sites valaient vraiment la peine de nous y arrêter, particulièrement pour la vue sur les rizières depuis les diaolous. Dès que nous avons repris la route, la pluie, notre compagne quotidienne, s’est mise à tomber, nous poussant à anticiper quelque peu la pause déjeuner. Les dieux de la météo n’étaient visiblement pas de bonne humeur, puisqu’à peine étions nous secs, que cela nous est retombés dessus pour ne plus nous lâcher de l’après midi. Et double ration de flotte pour la table des cyclistes ! Il serait par ailleurs intéressant de connaître les statistiques de mortalité routière depuis que nous sévissons sur les routes chinoises. Chaque conducteur, particulièrement de 2 roues, nous dévisage tellement à chaque fois qu’il nous dépasse, que nous nous étonnons qu’il ne rentre pas dans quelqu’un ou quelque chose à force de ne pas regarder la route. Nous avons fini cette journée trempés comme des soupes chinoises, dans un petit hôtel au bord de la route, avec des télés ne fonctionnant qu’à heure fixe (jamais avant 18h et après 21h). Pratique pour regarder la Coupe du Monde ! A signaler à ce sujet que le bouquet de chaînes de télé diffusant, entre autre, les matches de foot, porte le nom évocateur de CCTV (caméra de surveillance). Ironique quand on connait le degré de liberté d’expression en Chine !

Hong-Kong---Hanoi 4121

Une averse est par définition une pluie de forte intensité mais à durée limitée dans le temps. Comment on appelle une averse commencée la veille en début d’après midi, qui n’a pas cessé de la nuit et qui persévère à votre réveil ? C’est donc avec cette joyeuse perspective d’être trempés dès les premiers coups de pédales que nous nous sommes élancés. Et ça n’a pas loupé, nous avons pris une 2ème douche dès le départ (bah oui, on se lave le matin !). Au bout de 15km, un bus nous dépasse, s’arrête, en descend le propriétaire de l’hôtel que nous venions de quitter et qui nous fait signe de stopper. Quelle surprise, il nous tend un objet qui nous est connu : le portable que nous avions oublié dans la chambre. La frustration de ne pas pouvoir plus exprimer notre gratitude envers ce gentil monsieur est revenue à la charge. On aurait dû étudier le chinois avant de partir !

Hong-Kong---Hanoi 4077

Quelques temps plus tard, la pluie ne nous lâchant pas, loin s’en faut, nous avons été confrontés à un phénomène malheureusement prévisible avec ce temps : les inondations. Des torrents ont déferlé, nous obligeant à pédaler avec de l’eau jusqu’aux chevilles. Le summum a été atteint lorsque nous avons dû descendre de vélo et pousser, avec de l’eau nous arrivant à mi-cuisse. Des camions ayant, eux aussi, tenté de passer ce point critique doivent toujours être bloqués, le moteur complètement noyé. Plutôt apocalyptique comme scène.

Hong-Kong---Hanoi 4149

C’est donc un peu éprouvés que nous nous sommes arrêtés pour déjeuner aux abords d’une ville. Nous avons à nouveau fait sensation en tant qu’Occidentaux ne parlant pas chinois et avons provoqué un énorme attroupement autour de notre table. Assez perturbant de manger lorsqu’une dizaine de paires d’yeux sont braquées sur vous ! A la fin du repas et après une bonne séance photo, nous avons sorti la carte du monde et avons tenté d’expliquer notre parcours à un grand nombre de Chinois éberlués. Un grand moment !

Hong-Kong---Hanoi 4187

Le courroux des dieux ayant été semble-t-il apaisé, nous avons pu rouler au sec tout l’après midi et arriver assez tôt dans notre ville-étape prévue. Après avoir évité une arnaque chinoise sur le prix d’un hôtel, nous avons changé de lieu d’hébergement et avons fait un bons repas pour nous remettre de nos émotions de la journée. Que d’eau, que d’eau !    

Impatients de boucler cette dernière étape avant notre jour de repos, nous n’avons pas traîné pour quitter notre hôtel et nous mettre en route. Sur le chemin, David s’est fait un nouvel ami, en la personne d’un vieux chinois à vélo, à côté duquel il a roulé pendant 6km. La conversation fut assez limitée, mais le moment agréable. Pour déjeuner, nous avons choisi un lieu où l’hygiène laissait franchement à désirer. On vous tiendra au courant de l’état de nos intestins, car on est surs que ça vous intéresse au plus haut point ! Mais les clients étaient très sympathiques, l’un d’eux nous a même escorté à moto jusqu’à la route, pour nous montrer la direction. Finalement plus courte que prévue, nous avons bouclé cette étape sans pluie (un exploit !) et sommes arrivés dans la ville de Dianbai, ne présentant strictement aucun intérêt, si ce n’est le fait que nous allons pouvoir souffler sans avoir à pédaler. Youpi !

Hong-Kong---Hanoi 4259

Nous tenons à informer l’aimable audience que notre repas de la veille a été digéré sans problèmes notables. Vous êtes ravis de le savoir, n’est ce pas ? Ceci étant dit, pas grand-chose d’autre à ajouter : une journée off très tranquille avec petite balade dans les quelques marchés que compte Dianbai. Rien de très passionnant mais qui permet de bien recharger les batteries pour la suite.

En regardant par la fenêtre ce matin, nous avons trouvé que le ciel avait une couleur étrange, semblable à celle du maillot de l’équipe championne du monde du ridicule. Veuillez excuser cette métaphore footballistique douteuse, mais voir un ciel bleu ne nous était pas arrivé depuis fort longtemps. Mais qui dit ciel bleu, dit soleil de plomb et donc chaleur insupportable. Oui, on sait, on n’est jamais contents. Mais avoir l’impression que vos pneus vont adhérer au bitume vous fait vite regretter les pluies rafraîchissantes. C’est trop demander un 25°C avec petite brise légère dans le dos ? Sans plus nous attarder sur notre transpiration excessive, revenons à nos moutons laqués. La matinée se passa sans trop de problèmes, les paysages de rizières ayant cédé la place à d’immenses plantations de bananiers, jusqu’à ce qu’il nous faille trouver de quoi nous sustenter. Pour la première fois depuis notre arrivée en Chine, aucun lieu dans les environs pour y déjeuner. Nous décidons de nous écarter de la route et de nous rendre dans l’un des petits villages aux alentours. Ambiance assez surréaliste de village fantôme dans le premier d’entre eux. Nous en essayons un deuxième où nous arrivons à mettre la main sur quelques habitants. Après avoir mis un moment à nous faire comprendre (notre geste pour « manger » étant pourtant parfaitement au point), un des locaux nous escorte à scooter jusqu’à la route, et nous montre la direction que nous devions de toute façon prendre. Très utile ! Nous tombons finalement sur une ville et arrivons à nous alimenter. A la fin du repas, le patron nous demande où nous allons, puis, ayant entendu notre réponse, nous explique qu’il nous faut prendre à gauche pour gagner 20km alors que notre carte nous dit d’aller à droite. Que faire ? Confiance au Chinois ? Allez, comme dirait l’autre, ils ont inventé le boulier, ils savent compter. On tente ! Et avec raison, puisque nous arrivons rapidement en vue de Zhanjiang, notre ville-étape. Mais nous avons un grand pont à traverser et un flic nous en interdit l’accès sous prétexte que nous sommes à vélo. Après avoir patienté un petit peu au milieu de plusieurs policiers dont on cherche encore l’utilité, nous avons pu traverser pour arriver dans une ville archi moderne, remplie d’hôtels de luxe. De la Chine rurale à l’urbanisme avancé, il n’y a qu’un pas, ou plutôt quelques coups de pédales. Hésitants sur la direction à prendre, un Chinois à scooter s’arrête et, chose rare, se met à nous parler en anglais. Il nous propose de nous emmener dans un hôtel où un de ses camarades de promo est manager, et nous fera un bon prix. Nous acceptons en restant sur nos gardes, et nous suivons le bonhomme. Non seulement nous avons eu un bon tarif sur une chambre plus que correcte mais notre guide ne nous a absolument rien demandé en retour. De la gentillesse pure. Ils nous auront bien aidés aujourd’hui ces Chinois !

Hong-Kong---Hanoi 4329

La saison des pluies ne semble pas s’appliquer dans cette partie du Guangdong, vu le soleil sous lequel nous sommes partis. Après avoir un peu galéré pour sortir de Zhanjiang et failli être envoyés sur l’autoroute par des Chinois pas très sûrs de la direction à prendre, nous avons finalement pu avancer un petit peu. Enfin pas trop, parce qu’avec plus de 35°C, la pause déjeuner à l’ombre a été anticipée volontiers. Nous avons déjà évoqué la manie des Chinois de s’agglutiner autour de nous si bien qu’une vingtaine de personnes peut très vite se retrouver autour des vélos. Généralement sympathique, cette habitude peut vite devenir exaspérante lorsque la fatigue s’en mêle. Autre marotte horripilante, cette tendance à klaxonner pour un oui pour un non. Passe encore quand il s’agit du petit bip d’une mobylette qui avertit de son passage. Mais la corne de brume des poids lourds qui vous vrille les tympans 200 fois par jour, c’est usant. L’étape se passa sans trop de péripéties, si ce n’est notre expérience de la gelée au thé vert, gentiment offerte par des ouvriers rencontrés lors d’une pause. Arrivés dans la petite bourgade de Quinping, notre ville-étape, nous avons eu la désagréable surprise de nous voir refuser l’accès d’un hôtel pour on ne sait quel motif. Qu’à cela ne tienne, on va ailleurs où nous avons fait une démonstration du déchargement de nos vélos sous l’œil médusé d’une quinzaine de personnes (ils se sont passés le mot !).

Hong-Kong---Hanoi 4352

Aujourd’hui, nous avons quitté le Guangdong pour rentrer dans le Guangxi. Quelle importance nous direz-vous ? Nous y venons, chers lecteurs ! Mais d’abord sachez que le Guangdong est une des provinces les plus riches de Chine, notamment grâce à la création par Deng Xiaoping dans les années 1980 des zones économiques spéciales, statut possédé par plusieurs villes, qui leur confère une puissance commerciale certaine. Vous ne voyez toujours pas le rapport avec nos aventures sur roulettes ? Outre le fait qu’on vous ait un peu cultivé, sachez que quitter une province riche pour une province moins riche implique un changement dans les infrastructures publiques, notamment routières. Pour simplifier, nous sommes passés d’une 4 voies à chaussées séparées, à large bande d’arrêt d’urgence et pistes cyclables en agglomération, à une petite route de campagne défoncée. Ca, plus le fait que notre carte nous indiquait une étape de 70km et que nous nous retrouvons avec 100 bornes à parcourir. On songe à mettre à prix la tête du cartographe incompétent ! Après avoir déjeuné dans un bouiboui quelconque, le cauchemar a commencé. Sous un soleil d’airain (plus que de plomb !), nous avons dû affronter 60km de la piste la plus horrible que nous ayons jamais empruntée : des trous et nids-de-poules partout, de la boue, du sable, de la poussière en permanence, des montées abruptes et des camions en continu. L’enfer, le vrai. Cela faisait bien longtemps que notre corps n’avait pas été tourmenté de la sorte. Et dire que notre carte indiquait une grosse route goudronnée. Allez, c’est décidé, on double la récompense pour la tête du cartographe ! Cette expérience atroce a finalement pris fin à notre arrivée à Hepu, notre ville-étape, couverts de poussière des pieds à la tête. C’est fou comme on se met vite à fantasmer sur une chose aussi peu sexy qu’une route bitumée. Espérons que nous pourrons assouvir ce fantasme dans les prochains jours !

Hong-Kong---Hanoi 4472

L’étape de la veille ayant laissé des traces, nous étions contents de savoir que la journée de repos était au bout de l’étape du jour. On pensait avoir besoin de ce repos mais on n’imaginait pas à quel point. C’est hallucinant comme avec la fatigue, l’énervement peut vite monter. Hurler sur des camions c’est bête mais ça défoule ! A propos, Prométhée a été condamné à se faire manger le foie indéfiniment par un aigle, pour avoir donné le feu aux hommes. Hé bien, il faudrait infliger le même sort à celui qui a donné le klaxon aux Chinois ! On va finir par perdre des degrés d’ouïe à force ! Bref, une étape difficile, très vallonnée et avec une chaleur plus que pesante. Les conditions idéales pour en baver. Nous étions donc plus que ravis d’arriver à Qinzhou, notre ville-étape et poser nos affaires dans un hôtel pour goûter aux joies d’un repos bien mérité !

Hong-Kong---Hanoi 4481

Ha comme on le savoure ce repos quand les jours précédents ont été difficiles ! L’avantage d’être arrêtés dans des villes ne présentant aucun intérêt sur le plan touristique, c’est qu’on peut se prélasser tranquillement sans avoir la désagréable impression d’avoir manqué quelque chose. Pour la forme, nous nous sommes tout de même un peu baladés dans Qinzhou et avons eu l’immense surprise d’y croiser 2 Occidentales. On ne saura jamais par quel hasard elles ont pu se retrouver dans ce trou ! Nous avons également pu constater le délicat traitement réservé aux animaux sur les marchés chinois. Celui qui est réincarné en canard dans ce pays a vraiment dû commettre de vilaines actions dans une autre vie ! Allez hop, on appelle Brigitte Bardot et on profite d’une des dernières nuits passées en Chine.

Hong-Kong---Hanoi 4534

En quittant Qinzhou, nous avons retrouvé notre vieille amie la route pourrie. Et on peut dire qu’elle ne nous avait pas manqué ! Certes, avec un peu moins de camions que la dernière fois mais toujours autant de poussière, de trous et de chaleur suffocante. Miam, ça fait plaisir. Si on ajoute à ça notre carte qui continue à nous donner des distances complètement erronées, vous comprendrez que la matinée ne fut pas facile. Juste après déjeuner, la qualité de la route s’est améliorée mais les problèmes mécaniques ont commencé à s’en mêler. PE a dû changer de chambres à air 2 fois de suite, un mal de dos pernicieux pointant aussi le bout de son nez (si tant est qu’un mal puisse avoir un nez). L’après midi ne se passa guère mieux que la matinée et c’est complètement au bout du rouleau que nous sommes arrivés à Donxing, la ville-frontière côté chinois. Une dernière nuit au pays de Mao et demain good morning Vietnam !

Hong-Kong---Hanoi 4516

Pressés d’obtenir un nouveau tampon sur notre passeport, nous avons mis le turbo pour nous rendre jusqu’au poste frontière. Nous avons réussi à passer sans encombres (nous ferons sans doute partie de la plaquette de promotion de la douane chinoise de Donxing, vu le douanier photographe qui n’a cessé de nous mitrailler pendant les formalités), et avons pu nous élancer dans la moiteur vietnamienne. Après 40km d’intense sudation, nous décidons de nous arrêter pour déjeuner. Un jeune habitant du village nous conduit jusqu’à une sorte de cantine, où 3 Vietnamiens ivres morts nous ont mis le grappin dessus et quasi forcé à nous asseoir à leur table. Au nom de l’amitié franco-vietnamienne, nous avons accepté quelques verres de leur infâme liqueur, mais nous avons vite dû mettre le hola pour ne pas rouler sous la table. Sympathiques mais un peu lourds, nos voisins de table ont tout de même permis un premier contact avec la population locale. L’après déjeuner fut extrêmement délicat. Une température supérieure à 40°C et pas un coin d’ombre. Après une dizaine de kilomètres, nous avons décidé qu’il n’était pas raisonnable de continuer. Nous sommes donc montés à bord d’un bus direction Halong. Expérience d’abord sympathique, puis nettement moins lorsque le contrôleur a voulu nous faire payer un prix plus que disproportionné pour le trajet. Après avoir obtenu un prix décent (après de longues et ardues négociations), le filou a tenté de nous débarquer au milieu de nulle part en nous assurant que nous étions arrivés. Ce vil stratagème n’a heureusement pas fonctionné, l’arnaqueur a pris une bonne soufflante dans la figure et nous a laissé remonter à bord tout penaud. Enfin à Halong, nous avons posé nos affaires dans un hôtel et médité sur la mauvaise expérience de l’après midi. On ne va pas être potes avec les Vietnamiens si ça continue comme ça a débuté !

Hong-Kong---Hanoi 4759

Halong. Une baie magique, une multitude d’îlots rocheux baignant dans une eau d’un vert turquoise unique. Quoi de mieux qu’une croisière de 3 jours pour découvrir ce joyau naturel ? Nous devions passer ce court séjour en compagnie d’un couple d’amis de PE. Du moins c’est ce que David croyait. Aussi, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il vit débarquer Laure (bon, vous le savez maintenant que c’est sa copine, non ?) en compagnie d’autres amis de Paris, en vacances dans la région (Sophie, Julie, Lucie, Olivier et Bruno, pour ne pas les nommer). Une très belle cachoterie organisée par les 2 loustics, pour des retrouvailles riches en émotion. Au programme de ces 3 jours, kayak et baignade dans une eau à 30°C, farniente et détente sur le pont du bateau, visite de grottes et de magnifiques sites… Bref, la belle vie ! C’est donc bien reboostés que nous allons pouvoir nous frotter à l’extrême chaleur vietnamienne, direction Hanoï.

Hong-Kong---Hanoi 4968

Décidés à rouler un maximum sous une température supportable, nous avons mis le réveil à l’aube et étions à 6h du matin sur les vélos. Les Vietnamiens sont visiblement des lève-tôt, vu l’activité déjà importante à cette heure de la matinée. Nous avons vu juste, nous ne dégoulinons pas trop et progressons bien. Le relief est plat et tout se passe sans incident notable. A signaler notre traversée d’une grosse rivière à bord d’un ferry plus que rudimentaire (comment ? on appelle ça un radeau ? Si vous voulez). Rigolo. A 11h, nous ne sommes plus qu’à 30km de notre point d’étape prévu. C’est alors que nous prenons la décision suivante : pourquoi ne pas nous rendre directement à Hanoï pour y passer la soirée avec Laure et ses amis, qui ne reprennent leur avion pour la Malaisie que le lendemain ? Une deuxième course a donc commencé. Notre allure est incroyable, notre moyenne kilométrique n’a jamais été aussi élevée. Comme quoi, avec une bonne motivation, on oublie très vite qu’on a mal aux jambes. L’entrée dans Hanoï fut spectaculaire tant le nombre de scooters est élevé dans cette ville. La circulation est si anarchique que nous nous sommes demandés comment nous allions faire pour rejoindre le centre de la ville. Heureusement, nous avons fait la connaissance d’Annette, une Néerlandaise vivant sur Hanoï, qui nous a gentiment escorté à vélo jusqu’à l’hôtel où nous savions que nos amis dormaient. La surprise fut totale et nous avons terminé cette grosse journée par un bon repas vietnamien. Ha oui, on oubliait de vous préciser la distance roulée : 153km. Nouveau record !

Hong-Kong---Hanoi 4786

Nous sommes donc à présent dans la capitale vietnamienne, que nous allons explorer pendant plusieurs jours avant de nous lancer vers le Sud. Nous vous tiendrons bien sûr au courant de la suite de cette aventure.

Et comme vous avez été sages, voici une petite vidéo sino-vietnamienne dont vous nous donnerez des nouvelles. A bientôt !

 

 

 

 

Par raconte moi ton pays
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Comment nous aider

  ________________

 

  ________________

 

D'autres possibilités...

Ils nous soutiennent

La presse en parle

Suivez-nous!!


Afficher Raconte moi ton pays sur une carte plus grande

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés